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Comment ouvrir un bar ?

Par 
Romina
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12/12/2022

Vous souhaitez ouvrir votre propre bar, ou reprendre un établissement existant ? Dans tous les cas, sachez que la réglementation est particulièrement stricte et nécessite de respecter certaines étapes successives. Au travers de cette publication, nous vous invitons à prendre connaissance de certaines démarches, et nous vous accompagnons dans l’identification des équipements nécessaires à l’ouverture de votre débit de boissons.


Choisir le concept de bar


Avant d’entreprendre toute démarche administrative, il est important de choisir un concept d’établissement ou « positionnement commercial ». En effet, la concurrence est rude dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, il est donc vital de bien préparer votre projet en amont, ne serait-ce que pour vous démarquer et fidéliser une clientèle. Choisissez dans l’idéal deux concepts maximum.


Ceci fait, vous procéderez à une étude de marché préalable, afin de vous assurer que votre idée réponde à une demande réelle, et soit susceptible d’attirer la bonne typologie de clients. Voici quelques éléments à prendre en compte à l’ouverture de votre établissement :


  • Commencez par réfléchir au type d’établissement que vous souhaitez créer : s’agit-il d’un bar à bières ? à champagne ? D’un bar à tapas ? En fonction de la réponse que vous donnerez à ces questions, vous déterminerez une scénographie particulière (décoration, éclairage, ambiance, etc…).
  • Il vous faudra ensuite réfléchir à une dénomination sociale, ainsi qu’au nom commercial de l’enseigne, deux éléments dépendants du concept choisi. La dénomination sociale (ou raison sociale) est le nom de la société et fait référence à l’activité exercée par celle-ci (il s’agit d’une mention obligatoire, comme stipulé par l’article R123-53 du Code de Commerce (1)). Le nom commercial, quant à lui, est le nom choisi par l’entreprise ou le fonds de commerce exploité par la société. Il est connu du grand public, et peut être différent de la dénomination sociale. Le nom commercial est cependant facultatif, et n’a pas besoin d’être mentionné dans les statuts.

D’autres étapes « logiques » s’inscrivent dans ce parcours par la suite. Une fois votre étude de marché réalisée, vous aurez à cœur de choisir le bon emplacement pour l’ouverture de votre établissement. Choisissez dans la mesure du possible un local situé dans, ou à proximité d’une rue fréquentée. Implantez-vous dans une zone passante (boutiques, lieux touristiques, etc…), et non loin d’une aire de stationnement.


Établissez ensuite votre business plan : cette démarche, très importante, doit vous permettre de présenter clairement votre projet, en incluant une étude financière (budget prévisionnel, compte de résultat prévisionnel et bilan prévisionnel) qui permettra de convaincre les organismes bancaires.


Réaliser les démarches administratives nécessaires pour l’ouverture du bar


L’ouverture d’un bar nécessite la création d’une entreprise et l’ouverture d’une succession de démarches administratives reliées à votre activité et à la constitution de votre société. Parmi ces démarches :


  • L’obtention de votre permis d’exploitation : cette certification obligatoire est encadrée par la loi du 31 mars 2006. Elle oblige toute personne désireuse d’ouvrir un établissement servant des boissons alcoolisées à suivre une formation obligatoire initiale de 20 heures (soit une durée de 3 jours au total). A noter que le permis d’exploitation est valable 10 ans. A l’expiration de ce délai de validité, l’exploitant devra repasser une formation de « mise en conformité », d’une durée de 7 heures.
  • L’obtention de votre licence de débit de boisson : cette certification est indispensable pour avoir le droit d’ouvrir un bar. En fonction des boissons que vous comptez servir à vos clients, vous aurez besoin d’accéder à un certain niveau de licence (la licence III sera nécessaire si vous souhaitez vendre, par exemple, des boissons fermentées non distillées (vin, bière, cidre). La licence IV ou « licence de plein exercice » sera nécessaire pour vendre du rhum, de l’alcool distillé et toutes autres boissons alcoolisées).
  • Créer l’entreprise : dans le cas présent, les formalités dépendent fortement du choix du statut juridique (SARL, SAS, EURL, etc..). Vous devrez par exemple déclarer votre activité auprès du CFE de la Chambre de Commerce et d’Industrie compétente, constituer votre dossier de création, publier un avis de constitution d’entreprise sur un journal d’annonces légales et immatriculer votre entreprise, afin d’obtenir le K-Bis ou « extrait d’immatriculation » (acte officiel permettant de renseigner toute personne intéressée sur les informations concernant l’établissement).
  • Déclarer l’ouverture de votre bar : vous pouvez mener cette action auprès de la mairie de la commune où va ouvrir le bar. Cette action de votre part doit s’effectuer au maximum un mois après la date d’ouverture officielle de votre établissement. Vous retrouverez l’ensemble des documents nécessaires sur le site du service public.

Créer un business plan pour le bar


Pour réussir votre aventure individuelle et obtenir les financements adéquats, vous devez établir un business plan. Cette démarche de votre part doit vous aider à rendre votre projet convaincant et réaliste auprès des banques. Vous l’aurez compris : le business plan doit pouvoir intégrer deux parties complémentaires : une partie écrite, mais aussi une partie chiffrée. Voici quelques étapes essentielles pour rédiger un business plan efficace, pour l’ouverture d’un bar :


  • Vous présentez votre équipe ainsi que l’origine du projet : au travers de cette démarche, vous expliquez vos motivations en tant que porteur de projet, ainsi que l’adéquation qui existe entre vous et le projet. De cette manière, vous donnez confiance aux financeurs, et vous leur montrez que vous êtes en capacité de rendre la structure viable et pérenne.
  • Vous présentez l’étude de marché : cette analyse permet de présenter un panorama des grandes tendances de consommation. En tant que porteur de projet, vous devez également être en mesure de présenter une analyse de la zone de chalandise. Cette étape est extrêmement importante car en fonction de la nature de votre projet et de la vente d’alcools, il vous faudra prévoir des zones d’exclusion (autour des écoles, des lieux de culte, etc..), ainsi que les zones où l’ouverture de votre bar peut être autorisée.
  • Vous développez la stratégie marketing et la stratégie de communication : dans le cas d’une franchise de bar, cette dimension est grandement facilitée par la mise à disposition par le franchiseur de tous les éléments de la communication nationale. Dès lors, on doit pouvoir retrouver toutes les spécificités propres à l’enseigne (soirées after-work, tarifs ajustés, concerts 2 soirs par semaine, etc..). En revanche, c’est au franchisé et futur responsable de l’établissement qu’il revient de mettre en place une stratégie de communication locale.

Identifier les équipements nécessaires pour ouvrir le bar


Pour l’ouverture de votre bar, plusieurs équipements indispensables sont à privilégier. Parmi ceux-ci : la machine à glaçon et glace pilée, l’arrière-bar réfrigéré ainsi qu’une cave à vin professionnelle :


  • Pour la machine à glaçons : vous avez besoin de produire beaucoup et vite. Pour cela, vous avez le choix entre une machine à glaçons avec bac de stockage ou sans réserve. Dans le premier cas, la machine à glaçons dispose d’un réservoir de stockage pour la production de la journée. Ce modèle avec bac de stockage intégré ne prend généralement pas beaucoup de place. Si vous souhaitez produire et conserver une grande quantité journalière, le bac de stockage sera quasiment indispensable.
  • L’arrière-bar réfrigéré : cet équipement de refroidissement est polyvalent, et peut faire office d’armoire à boissons, d’armoire réfrigérée ou de frigo minibar. Il existe des modèles plus compacts, conçus pour les petits espaces. D’autres modèles accueillent plusieurs portes et une capacité de charge plus importante.
  • La cave à vin professionnelle : cette dernière solution représente un véritable investissement. Elle peut même faire l’objet d’une location, et mettre à disposition d’autres services et avantages logistiques.

Définir un budget pour l’ouverture du bar


Financement moyen


Nous estimons qu’un budget de démarrage de 20 000 euros minimum s’avère indispensable pour l’ouverture d’un bar. Parmi les postes de dépenses les plus importants, on retrouve fréquemment les travaux d’aménagement du local, l’achat d’équipements pour le bar ou des investissements ponctuels dans du petit mobilier. Il faudra également prendre en compte les frais d’établissement (qui se répartissent entre les honoraires de comptable et d’avocat) (2). Le budget total est régulièrement estimé entre 150 000 et 250 000 euros : c’est le prix à payer pour amortir les nombreux coûts à l’ouverture d’un bar (budget formation pour vous mettre en conformité avec la loi, formation des employés le cas échéant, etc..).


Nous ne répèterons jamais assez l’importance d’établir des prévisions financières, afin de conserver un maximum le contrôle sur les recettes et les dépenses. Pour établir un budget, tout doit être pris en compte (loyer, acquisition de stock, salaires, factures, etc…).


Ouvrir un bar sans argent


Vous avez toujours rêvé d’avoir votre propre bar, ou de reprendre une activité existante, mais vous n’avez d’apport ? Même si cela est de nature à complexifier votre situation, sachez qu’il est toujours possible de reprendre un bar ou de racheter un fonds de commerce sans moyen financier. Vous pouvez par exemple opter pour la location gérance avec option d’achat. En signant un contrat entre vous et le propriétaire des lieux, vous aurez la possibilité d’exploiter le bar en échange du versement d’un loyer. Vous pouvez également solliciter vos proches en leur demandant par exemple un prêt à taux zéro, ou en leur proposant d’entrer au capital de la société.


Quelles sont les interdictions qui empêchent d’ouvrir un bar ?


Il n’est pas possible d’ouvrir un bar servant des boissons alcoolisées à consommer sur place dans certaines zones « protégées » telles que :

  • des écoles
  • des terrains de sport
  • des lieux de culte
  • des cimetières
  • des hôpitaux
  • des EHPAD

Cette interdiction concerne plus particulièrement les commerces disposant des licences III et IV. Un commerce ne respectant pas les interdictions le concernant est passible d’une amende de 3.750 euros et sa fermeture.

(1) https://www.legalplace.fr/guides/denomination-sociale-nom-commercial-enseigne/

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