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Convention collective du bâtiment : ce que tout employeur doit savoir

Par 
Romain
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Mis à jour le :
30/6/26
Image de couverture : Le guide pratique : la convention collective du bâtiment

L'essentiel à retenir

  • La convention collective du bâtiment n'est pas un texte unique : le secteur est encadré par quatre conventions selon le statut du salarié.
  • Quatre IDCC : ouvriers IDCC 1596 (entreprises < 10 salariés) ou 1597 (≥ 10 salariés), ETAM IDCC 2609, cadres IDCC 2420.
  • Des grilles de salaire à géométrie variable : nationale pour les cadres, mais régionales (voire départementales) pour les ETAM et les ouvriers.
  • Une caisse unique, la CIBTP, qui mutualise les congés payés, verse une prime de vacances de 30% et indemnise le chômage intempéries.
  • Des indemnités propres au secteur : panier repas, trajet et transport, calculés par zones autour du siège de l'entreprise.

En 2025, le secteur du bâtiment comptait 450 000 entreprises en France, rassemblant 1 234 000 salariés et 407 000 non-salariés selon la Fédération Française du Bâtiment  ce qui en fait l'un des premiers employeurs privés du pays. Les salariés se répartissent en 70,3 % d'ouvriers, 21,5 % d'ETAM et 8,2 % d'ingénieurs, assimilés et cadres (IAC). Et pourtant,  65% des recrutements sont jugés difficiles par France Travail ; ce qui rend d'autant plus stratégique pour les employeurs une maîtrise précise de leurs obligations conventionnelles.

La convention collective du bâtiment est un document incontournable pour tout employeur du secteur. Elle complète le Code du travail en tenant compte des réalités du BTP : travail sur chantier, déplacements, horaires décalés, classifications multiples. Ce guide vous en présente les principales dispositions : quelle convention pour quel salarié, et un accès direct à chaque thème approfondi (salaires par statut, congés, indemnités, intempéries). Pour gérer ces obligations au quotidien, un logiciel de planning adapté au chantier fait gagner un temps précieux.

📝 À noter : Le secteur du bâtiment n'est pas régi par une seule convention collective mais par plusieurs textes distincts selon le statut du salarié. La convention actuelle date du 8 octobre 1990 et a été substantiellement révisée par l'avenant de 2018, notamment sur les indemnités de trajet et la majoration des heures supplémentaires. En cas de conflit entre le Code du travail et une disposition de la convention, c'est toujours le texte le plus favorable au salarié qui s'applique.

Qu'est-ce que la convention collective du bâtiment ?

La convention collective du bâtiment est un accord négocié entre les organisations patronales (FFB, CAPEB) et les syndicats de salariés. Elle complète les dispositions du Code du travail en tenant compte des spécificités du secteur BTP et précise notamment : les classifications et coefficients applicables selon les postes, les salaires minimaux garantis, les conditions de travail (horaires, déplacements, sécurité), les modalités de rupture du contrat, et les droits aux congés et à la formation.

Elle s'applique à toutes les entreprises dont le code APE/NAF relève du BTP, qu'elles soient ou non adhérentes à un syndicat patronal. Elle couvre tous les salariés liés par un contrat de travail (CDI, CDD, contrat de chantier), sur l'ensemble du territoire français hors DOM-TOM (sauf extension expresse).

Des règles différentes selon la catégorie de salarié

Le bâtiment est couvert par quatre conventions distinctes selon le statut.

Catégorie de salarié Convention collective applicable Code IDCC
Ouvriers — entreprises de moins de 10 salariésCCN ouvriers bâtiment (petites entreprises)IDCC 1596
Ouvriers — entreprises de 10 salariés et plusCCN ouvriers bâtiment (grandes entreprises)IDCC 1597
ETAM (employés, techniciens, agents de maîtrise)CCN ETAM bâtiment — 12 juillet 2006IDCC 2609
CadresCCN cadres bâtiment — 1er juin 2004IDCC 2420

La convention collective des ouvriers du bâtiment (IDCC 1597 et 1596)

Les ouvriers du bâtiment relèvent de deux conventions collectives distinctes selon l'effectif de l'entreprise :

Pour le détail des classifications, des grilles de salaires et des spécificités de chaque texte, consultez notre fiche complète sur la convention collective des ouvriers du bâtiment.

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La convention collective des ETAM (IDCC 2609)

Salaires et classification des ETAM du bâtiment

Les ETAM (Employés, Techniciens, Agents de Maîtrise) du bâtiment sont classés sur une grille de 8 niveaux (A à H), du débutant à l'agent de maîtrise confirmé. Leurs salaires minimaux sont fixés régionalement, selon le niveau de classification et la région d'exercice.

Temps de travail et heures supplémentaires des ETAM

Côté temps de travail, la durée de référence est de 35 heures (avec aménagements possibles). Les heures supplémentaires sont majorées de +25 % (de la 36ᵉ à la 43ᵉ heure) puis +50 % au-delà ; le travail de nuit, le dimanche ou un jour férié donne lieu à une majoration spécifique.

Plage horaire / Situation Majoration applicable
De la 36e à la 43e heure (8 premières heures supplémentaires)+ 25 %
À partir de la 44e heure+ 50 %
Travail de nuit (20h–6h), dimanche ou jours fériés+ 100 %

⚖️ Loi : Depuis l'avenant de 2018, le contingent annuel d'heures supplémentaires dans le BTP est fixé à 300 heures par an (contre 180 heures avant le 1er juillet 2018). La durée maximale de travail journalière est de 10 heures pour tous les salariés. La convention ETAM précise que les heures supplémentaires doivent rester exceptionnelles et intervenir seulement après accord de l'inspection du travail.

La période d'essai est de 2 mois pour les employés et 3 mois pour les agents de maîtrise, renouvelable une fois. La convention encadre enfin les horaires décalés ou individualisés sous certaines conditions.

Pour le détail des grilles régionales, des classifications et des majorations, consultez notre fiche complète sur la convention collective des ETAM du bâtiment.

La convention collective des cadres du bâtiment (IDCC 2420)

Durée du travail des cadres du bâtiment

Les cadres du bâtiment relèvent d'une convention négociée au niveau national. Leur durée du travail tient compte de leur autonomie : beaucoup sont en forfait annuel en jours, et les heures effectuées au-delà de la durée applicable ouvrent droit aux mêmes majorations que pour les autres statuts.

Grille de salaires des cadres du bâtiment

Les salaires minimaux sont revalorisés chaque année par les partenaires sociaux et fixés selon la classification des cadres (par position et coefficient hiérarchique). La période d'essai est de 3 mois ; le préavis est de 2 à 3 mois selon l'ancienneté en cas de licenciement, et de 3 mois en cas de démission.

Pour la grille de salaires détaillée, les coefficients et les spécificités du forfait jours, consultez notre fiche complète sur la convention collective des cadres du bâtiment.

Niveau Profil Salaire minimum annuel brut (2024)
Niveau ICadre débutant33 828 €
Niveau IICadre confirmé38 496 €
Niveau IIICadre supérieur45 576 €
Niveau IVCadre supérieur confirmé54 120 €
Niveau VCadre dirigeant67 656 €

Contrat de travail, période d'essai et rupture

Période d'essai selon le statut

Statut Durée maximale de période d'essai
Ouvriers et employés2 mois
Techniciens et agents de maîtrise (ETAM)3 mois
Cadres3 mois

Une journée d'essai rémunérée peut être prévue avant le démarrage du contrat. En cas de rupture pendant la période d'essai, un délai de prévenance de 24h à 48h doit être respecté selon l'ancienneté.

Préavis en cas de rupture du contrat

Situation Ancienneté Durée du préavis
Démission (ouvriers)Moins de 3 mois (période d'essai terminée)2 jours
3 mois et plus2 semaines
Licenciement (ouvriers)Moins de 3 mois2 jours
3 à 6 mois2 semaines
6 mois à 2 ans1 mois
2 ans et plus2 mois
Cadres (licenciement ou démission)Tous niveaux2 à 3 mois selon ancienneté

Indemnités de licenciement

L'indemnité de licenciement est due à tout salarié ayant plus d'un an d'ancienneté (sauf faute grave) :

  • Jusqu'à 10 ans d'ancienneté : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté ;
  • Au-delà de 10 ans : 1/3 de mois de salaire par année d'ancienneté.

Pour en savoir plus sur le calcul de l'indemnité de rupture conventionnelle, consultez le guide dédié.

Congés payés, congés spéciaux et arrêt maladie

Dans le BTP, les congés payés suivent le régime de 2,5 jours ouvrables par mois travaillé (30 jours/an), sur une période de référence du 1er avril au 31 mars. Particularité majeure : ce n'est pas l'employeur mais la caisse des congés payés du BTP (CIBTP) qui calcule et verse les indemnités.

La convention prévoit aussi des congés spéciaux pour événements familiaux (mariage, PACS, naissance, décès…), non déductibles des congés payés, et reprend le congé parental du Code du travail, avec une spécificité : les 3 jours accordés à la naissance s'ajoutent au congé de paternité légal.

Enfin, en cas d'arrêt maladie, un délai de carence de 3 jours s'applique, l'indemnisation dépendant de l'âge et de l'ancienneté du salarié.

⚠️ Pour rappel : Pour les salariés de moins de 25 ans et les apprentis, 1 mois d'ancienneté est nécessaire pour l'ouverture des droits à indemnisation en cas d'arrêt maladie. Pour les plus de 25 ans, ce seuil est porté à 3 mois.

Pour le détail du fonctionnement de la caisse CIBTP, des congés spéciaux et de l'indemnisation maladie, consultez notre fiche complète sur les congés payés dans le BTP.

Pour le détail des conditions, du calcul de l'indemnité et de la procédure de remboursement, consultez notre fiche complète sur les congés intempéries dans le BTP.

Les indemnités de petits déplacements dans le bâtiment

Les ouvriers du BTP travaillant sur des chantiers éloignés de leur domicile bénéficient des « indemnités de petits déplacements », dont les barèmes sont fixés au niveau régional et révisés régulièrement. Elles regroupent trois indemnités distinctes :

  • L'indemnité de repas (prime de panier) : compense l'absence de cantine sur chantier. Son montant est fixé par accord régional (par exemple, de l'ordre de 13 à 14 € en 2024 selon les régions), avec une part déductible par l'employeur dans la limite du plafond URSSAF.

📝 À noter : Depuis le 1er janvier 2023, l'employeur peut déduire l'indemnité de repas dans la limite de 10,10 € en 2024. Le montant excédant ce plafond reste à la charge de l'entreprise sans exonération de cotisations sociales.

  • L'indemnité de transport : couvre forfaitairement les frais quotidiens de déplacement domicile-chantier, selon la zone concentrique où se situe le chantier.
  • L'indemnité de trajet : compense la contrainte de se rendre chaque jour sur le chantier, également selon des zones concentriques (espacées de 10 km à vol d'oiseau), calculées depuis le siège de l'entreprise ou la mairie du chef-lieu — et non depuis le domicile.
  • S'ajoute une prime de vacances, attribuée aux ouvriers ayant cumulé 1 675 heures de travail sur la période du 1er avril au 31 mars, égale à 30 % de l'indemnité de congés payés calculée sur 24 jours ouvrables.

Pour le détail des barèmes, des zones et du calcul, consultez notre fiche complète sur les indemnités de déplacement et la prime de panier BTP.

Les horaires décalés dans le bâtiment

Pour les ouvriers

La convention collective nationale des ouvriers (entreprises de plus de 10 salariés) prévoit des horaires individualisés qui peuvent être aménagés d'un commun accord, notamment pour le personnel sédentaire, avec possibilité de reporter des heures d'une semaine à l'autre. Pour les travaux urgents ou continus, les ouvriers peuvent travailler le samedi ou le lundi, à condition de bénéficier d'un repos compensateur équivalent dans un délai de 5 semaines.

La gestion des plannings de chantier intégrant ces contraintes spécifiques est un vrai levier d'optimisation pour les entreprises du BTP.

Pour les ETAM

La convention des ETAM fixe la durée légale à 35 heures hebdomadaires. Les heures supplémentaires doivent rester exceptionnelles. Les heures travaillées de nuit (entre 20h et 6h), le dimanche ou les jours fériés sont majorées de 100 %.

Dispositions générales

Dans tous les cas, la durée maximale journalière est de 10 heures. Les heures entre 20h et 6h sont considérées comme travail de nuit et majorées en conséquence.

Les congés intempéries dans le BTP

Le chômage-intempéries est une particularité du bâtiment : lorsqu'une météo extrême empêche le travail sur chantier, le dispositif permet de suspendre l'activité tout en maintenant une indemnisation des salariés.

Pour en bénéficier, le salarié doit justifier d'au moins 200 heures de travail sur les 2 mois précédents et être présent au moment de l'arrêt. L'indemnité couvre jusqu'à 75 % du salaire horaire, dans une limite annuelle. Le mécanisme repose sur une avance de l'employeur, ensuite remboursé par la Caisse de congés intempéries du BTP (CIBTP) ; d'où l'importance d'un suivi rigoureux des heures, toute erreur de gestion pouvant entraîner un refus de remboursement.

Pour le détail des conditions, du calcul de l'indemnité et de la procédure de remboursement, consultez notre fiche complète sur les congés intempéries dans le BTP.

Les emplois-repères dans le bâtiment : un outil clé pour les classifications

La convention collective du bâtiment propose des emplois-repères pour chaque catégorie de personnel (ouvrier, ETAM, cadre). Il s'agit de descriptions-type de postes permettant d'attribuer le bon niveau de classification et le coefficient correspondant.

Catégorie Exemple de poste Coefficient associé Conséquence d'un mauvais classement
Ouvrier Chef d'équipe position 2 270 Salaire sous le minimum légal
Ouvrier Ouvrier professionnel niveau II 185 Risque de litige à la rupture du contrat
ETAM Technicien niveau D Grille régionale Redressement lors d'un contrôle Urssaf
Cadre Cadre confirmé niveau II Grille nationale Contentieux prud'homal

Un mauvais classement peut exposer l'entreprise à un salaire en dessous des minimas légaux, un risque de litige en cas de rupture du contrat ou un redressement lors d'un contrôle. Il est donc essentiel de s'appuyer sur les emplois-repères pour positionner correctement chaque salarié dans la grille.

Évolution des CCN du bâtiment

Dans un effort de simplification, une négociation en 2018 a permis de supprimer 45 conventions collectives locales désuètes qui complétaient les CCN nationales des ouvriers du bâtiment. Le contenu des CCN nationales a également été actualisé pour répondre aux nouvelles préoccupations des entreprises : heures supplémentaires, indemnités de déplacement, etc. Des négociations restent en cours pour réviser les classifications, valoriser l'expérience terrain et mieux encadrer le CDI de chantier.

Pour un autre grand secteur industriel encadré par une convention collective nationale, vous pouvez consulter le guide dédié à la convention collective de la métallurgie.

Gérer la convention du bâtiment avec un logiciel

Entre les quatre conventions, les grilles régionales, les indemnités de déplacement par zones et le suivi des heures sur des chantiers mobiles, la paie du BTP cumule les paramètres. Un logiciel de planning et de suivi des temps pensé pour les équipes terrain permet d'automatiser le calcul des variables (heures supplémentaires, paniers, intempéries) et de sécuriser la conformité.

Skello aide les entreprises du bâtiment à planifier leurs équipes chantier et à suivre les temps de travail dans le respect du Code du travail et de la convention collective.

Questions les plus fréquentes

Il n'existe pas un IDCC unique : le bâtiment est couvert par quatre conventions selon le statut du salarié.

- IDCC 1596 — ouvriers des entreprises de moins de 10 salariés
- IDCC 1597 — ouvriers des entreprises de 10 salariés et plus
- IDCC 2609 — ETAM (employés, techniciens, agents de maîtrise)
- IDCC 2420 — cadres

C'est le statut inscrit sur le bulletin de paie qui détermine le texte applicable.

La distinction repose uniquement sur l'effectif : l'IDCC 1596 s'applique aux ouvriers des entreprises de moins de 10 salariés, l'IDCC 1597 à celles de 10 salariés et plus. Le contenu des deux textes est très proche, mais cette distinction historique reste en vigueur.

Pour les cadres (IDCC 2420), la grille est nationale : de 2 356 € à 5 472 € bruts mensuels au 1er février 2026. Pour les ouvriers et les ETAM, les grilles sont régionales et leurs dates de revalorisation varient. Il faut se référer à l'accord applicable au lieu du chantier.

Les textes de branche fixent le contingent à 300 heures par an (265 h en cas d'annualisation) pour les entreprises adhérentes aux fédérations signataires ; à défaut, il reste de 180 heures (145 h si annualisation). Au-delà, chaque heure ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos de 100 %.

Elle est versée aux salariés travaillant sur un chantier sans possibilité de rentrer déjeuner. Son montant est fixé par les accords régionaux (environ 11 à 14 €/jour en 2026) et exonéré de cotisations dans la limite du plafond URSSAF (10,40 €/jour pour un repas sur chantier).

C'est un régime propre au BTP, géré par la CIBTP, qui indemnise à 75 % du salaire horaire les salariés lorsqu'un chantier est arrêté pour cause de météo dangereuse (canicule incluse depuis 2024), sous condition de 200 heures travaillées sur les deux mois précédents.

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