Le premier trimestre 2026 marque un tournant décisif pour le marché de l'emploi en France. Après des mois d'incertitude, les indicateurs virent au vert avec une croissance moyenne des embauches de +18 %. Pourtant, derrière cet élan de dynamisme (+15 % à +35 % d'embauches selon les secteurs), les stratégies RH des établissements se transforment radicalement. Entre le boom de la construction, le besoin structurel de flexibilité et un rééquilibrage inattendu des salaires vers la province, voici les enseignements exclusifs de notre rapport socio-économique Q1 2026.
1. Expansion sectorielle : le Building accélère, la Santé se consolide
L'optimisme est de retour sur le terrain, et cela se traduit par une multiplication des ouvertures de nouveaux établissements.
Le secteur du Building se démarque de manière spectaculaire en doublant presque son rythme d'expansion (+59,7 %, passant de 62 à 99 établissements). De leur côté, les Services (+52,9 %) et le Retail (+30,5 %) confirment leur rôle de moteurs économiques : à eux deux, ils totalisent 960 nouveaux établissements (318 pour les Services, 642 pour le Retail) sur ce premier trimestre. L'Industry et l'Hospitality suivent cette dynamique positive avec des hausses respectives de +52,6 % et +11,3 %.
À l'inverse, d'autres secteurs ajustent leur voilure. Le Leisure & Wellness recule de -13,4 % (116 ouvertures contre 134 l'an passé). Surtout, la Santé confirme une phase de consolidation structurelle avec une baisse de -27,7 % des nouveaux établissements (107 contre 148 au Q1 2025).
2. Embauches : des volumes records poussés par la saisonnalité et l'expansion
Cette croissance du tissu économique s'accompagne logiquement d'une explosion des recrutements. Les secteurs locomotives tirent le marché de l'emploi vers le haut, générant un marché extrêmement actif.
- Building : +35,1 % (1 698 embauches contre 1 257) – L'expansion territoriale tire les besoins en main-d'œuvre.
- Services : +23,6 % (9 568 embauches)
- Retail : +21,8 % (29 942 embauches)
- Industry : +19,2 % (1 884 embauches)
- Hospitality : +15,7 % (46 407 embauches) – Un recrutement massif pour préparer activement la saison estivale.
Toutefois, la Santé affiche un repli cohérent avec la baisse de ses ouvertures : le secteur perd 697 embauches sur le trimestre, soit une baisse de -14,4 % (4 131 recrutements).
3. Le paradoxe du marché : des recrutements massifs, mais un recul net des CDI
C'est l'enseignement le plus contre-intuitif de ce trimestre. Malgré des volumes de recrutement records, la part des CDI à l'embauche chute dans presque tous les secteurs.
Les baisses les plus marquées se trouvent dans les Services (de 53,1 % à 42,6 %, soit -10,5 points), la Santé (-7,7 points) et le Retail (-7,0 points). L'Hospitality et le Leisure & Wellness suivent la même tendance (respectivement -5,9 points et -3,8 points). Même le solide secteur du Building observe une légère contraction (-1,2 points, bien qu'il conserve un taux fort à 72,6 %).
Seule exception à la règle : l'Industry, qui gagne +1,7 points (50,3 % de CDI).
Comment l'analyser ? Ce paradoxe traduit une stratégie claire d'adaptation court-termiste. Face à une conjoncture où persistent quelques incertitudes, les gérants et responsables RH privilégient massivement la flexibilité des contrats.
4. Salaires : le grand rattrapage de la région
La guerre des talents continue de peser sur les rémunérations à l'embauche (sur les contrats CDI), mais la géographie de ces hausses est en train de muter. La province tire désormais la hausse des salaires, réduisant l'écart historique avec l'Île-de-France.
La région Auvergne-Rhône-Alpes crée l'événement en franchissant le seuil symbolique des 2 000 € de salaire médian à l'embauche (+104 € par rapport à Q1 2025). Les DOM-TOM (+71 €, à 1 978 €), la Bourgogne-Franche-Comté (+40 €, à 1 899 €) et la Normandie (+22 €, à 1 966 €) affichent des dynamiques solides.
Pendant ce temps, le salaire médian parisien recule légèrement (-8 €, passant de 2 177 € à 2 169 €). Un véritable rééquilibrage territorial est en marche pour capter des talents de plus en plus mobiles.
Focus Secteur : La Pharmacie fait de la résistance sur la rétention
Bien que le secteur de la Santé subisse un recul global, un zoom sur la Pharmacie révèle des stratégies RH passionnantes.
- Une contraction assumée : Les embauches baissent de -11,6 % (1 057 contre 1 196), avec un léger recul des pharmacies actives (-1,9 %, soit 254 officines).
- Prime à la fidélisation : Dans ce contexte de pénurie de personnel qualifié, les officines déploient les grands moyens. Malgré une baisse de -3,0 points, le taux de CDI reste extrêmement élevé (62,8 %, très loin au-dessus de la moyenne nationale fixée à 43,5 %).
- Hausse des rémunérations : Le salaire médian bondit de +117 € pour atteindre 2 447 €. Moins d'embauches, mais des investissements forts pour garder les meilleurs éléments.
Focus Région : L'Auvergne-Rhône-Alpes, nouvelle locomotive économique
Si vous cherchez la région la plus dynamique de ce début d'année, tournez-vous vers l'AURA. Avec ses 10 699 embauches (+11,8 %) et ses ~1 141 organisations actives (+14,1 %), elle s'impose comme une force majeure du territoire.
La région est tirée par un top 3 sectoriel impressionnant :
- Building : Une explosion de +167,2 % (passant de 67 à 179 embauches).
- Industry : +61,1 % (211 embauches contre 131).
- Health : Une incroyable contre-tendance régionale à +37,4 % (500 embauches contre 364), alors même que le secteur chute de -14,4 % au national.
Avec un salaire médian à 2 000 € et 54,6 % de CDI, l'AURA est devenue la première région de province à talonner de si près la capitale (2 169 €).
En résumé : les 4 points à retenir pour votre stratégie RH en 2026
- Reprise confirmée : Le marché est actif avec +18 % d'embauches en moyenne. Les secteurs Services et Retail restent de puissantes locomotives avec +5 713 embauches cumulées. Le Building est incontestablement le grand gagnant (+35,1 %).
- Flexibilité maximale : Attendez-vous à de la rotation. La chute de la part des CDI (jusqu'à -10,5 points dans les Services) implique de se doter des bons outils pour gérer des plannings de plus en plus complexes et volatiles.
- Santé en consolidation : Un ajustement structurel profond est en cours (-27,7 % d'ouvertures, -14,4 % d'embauches), poussant le secteur à capitaliser sur la rétention financière des talents, comme en témoignent les pharmacies.
- Convergence salariale : Paris ne détient plus le monopole des hausses. La province (menée par l'Auvergne-Rhône-Alpes avec ses +104 €) rattrape son retard pour séduire les candidats.
La gestion de la flexibilité s'annonce comme le grand défi RH de 2026. Chez Skello, nous accompagnons au quotidien les décideurs pour transformer cette complexité en véritable atout de gestion.
Données : Comparatif Q1 2025 vs Q1 2026 (trimestre complet). Rapport généré le 1er avril 2026 à partir de la base de données Skello.


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