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Congés intempéries dans le BTP en 2026 : comment ça marche

Par 
Romain
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Mis à jour le :
2/7/26

L'essentiel à retenir

  • Le régime de chômage intempéries permet de suspendre un chantier quand la météo rend le travail dangereux, tout en indemnisant les salariés.
  • L'indemnité s'élève à 75 % du salaire horaire, avec une carence d'une heure par semaine.
  • Le salarié doit justifier de 200 heures travaillées dans le BTP sur les deux mois précédents et être présent sur le chantier au moment de l'arrêt.
  • Depuis le 1er janvier 2024, la canicule ouvre droit à ce régime, au même titre que le gel ou les fortes pluies.
  • Le dispositif est géré et financé par la CIBTP, sans autorisation administrative préalable, à la différence de l'activité partielle.

Les « congés intempéries BTP », plus exactement le régime de chômage intempéries, sont une protection propre au bâtiment et aux travaux publics. Quand le gel, la neige, le vent, les fortes pluies ou la canicule rendent le travail impossible ou dangereux, l'employeur peut arrêter le chantier sans que le salarié perde l'intégralité de sa rémunération. Ce mécanisme, financé par les Caisses de Congés Intempéries BTP (CIBTP), est unique en son genre.

Quelles conditions remplir ? Combien le salarié perçoit-il ? Comment l'arrêt se déclare-t-il ? Ce guide fait le point pour les employeurs. Cet article approfondit un volet de la convention collective du bâtiment ; pour fiabiliser le suivi des heures qui conditionne ce droit, un logiciel de suivi des temps adapté au chantier est essentiel.

Qu'est-ce que le régime intempéries ?

Le chômage intempéries est un dispositif spécifique au BTP qui permet d'arrêter un chantier lorsque les conditions atmosphériques rendent le travail dangereux ou impossible (gel, verglas, neige, inondation, vent violent, fortes pluies, et désormais canicule). Pendant l'arrêt, le salarié n'est pas considéré comme en absence injustifiée : il perçoit une indemnité versée au titre de ce régime.

La décision d'arrêt revient à l'employeur (ou au chef de chantier), après consultation des représentants du personnel lorsqu'ils existent. Aucune autorisation administrative préalable n'est requise.

⚖️ Loi : ce régime est encadré par le Code du travail (articles L. 5424-6 et suivants) et géré par les caisses CIBTP. Son fonctionnement diffère nettement de l'activité partielle de droit commun.

Quelles conditions pour être indemnisé ?

Pour ouvrir droit à l'indemnité, le salarié doit réunir deux conditions :

  1. Justifier de 200 heures de travail dans le BTP au cours des deux mois précédant l'arrêt.
  2. Être présent sur le chantier au moment de l'arrêt (le salarié déjà en congé ou absent ce jour-là n'est pas concerné).

⚠️ Attention — la carence : la première heure d'arrêt de chaque semaine n'est pas indemnisée. Si plusieurs arrêts surviennent dans la même semaine, une seule heure de carence s'applique.

Comment est calculée l'indemnité ?

L'indemnité correspond à 75 % du salaire horaire pris en compte pour le calcul des congés payés, dans la limite d'un plafond horaire réglementaire.

Elle est encadrée par plusieurs plafonds :

PlafondLimite
Par jour9 heures indemnisables
Par semaine45 heures indemnisables
Par an55 jours (ou 495 heures)

Exemple : un ouvrier dont le salaire horaire de référence est de 14 € perçoit une indemnité de 10,50 €/heure d'arrêt (hors heure de carence et dans la limite des plafonds ci-dessus).

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La canicule, nouveau cas depuis 2024

Jusqu'en 2023, le régime ne visait que le froid et l'humidité. Depuis le 1er janvier 2024, les fortes chaleurs et la canicule sont expressément intégrées aux causes d'arrêt indemnisables. C'est une évolution majeure pour les chantiers d'été, qui sécurise l'arrêt de travail en cas d'alerte canicule sans pénaliser le salarié.

📝 Bon à savoir : cette extension s'inscrit dans un renforcement plus large des obligations de l'employeur en matière de prévention des risques liés à la chaleur sur les chantiers.

Intempéries ou activité partielle ?

Les deux dispositifs permettent de suspendre l'activité, mais ne se confondent pas.

CritèreChômage intempéries (BTP)Activité partielle (droit commun)
CauseConditions météoDifficultés économiques, etc.
Autorisation préalableNonOui (DREETS)
GestionnaireCIBTPÉtat / Urssaf
Indemnité75 % du salaire horaire60 % de la rémunération brute (cas général)

⚠️ Attention : un même arrêt ne peut pas être indemnisé deux fois. En cas d'intempéries sur un chantier, c'est le régime intempéries qui s'applique, pas l'activité partielle.

Le rôle de la CIBTP et le remboursement employeur

Concrètement, l'employeur verse l'indemnité au salarié sur sa paie, puis se fait rembourser par la CIBTP, après déclaration de l'arrêt. Le dispositif est financé par une cotisation employeur dédiée, distincte de la cotisation congés payés.

L'arrêt doit être déclaré à la caisse dans les délais, avec les justificatifs (relevés météo, heures perdues par salarié). Une déclaration soignée conditionne le remboursement.

Gérer les arrêts intempéries avec un logiciel

Le régime intempéries repose entièrement sur la précision des heures : les 200 heures d'éligibilité, les heures perdues par salarié, la carence hebdomadaire, les plafonds journaliers et annuels. Tenir ce décompte à la main, sur des équipes réparties entre plusieurs chantiers, est une source d'erreurs et de remboursements perdus.

Un logiciel de suivi des temps et de planning pensé pour les équipes terrain permet de tracer les heures travaillées et les heures d'arrêt, chantier par chantier, et de fournir des justificatifs fiables à la CIBTP. Skello aide les entreprises du bâtiment à suivre les temps de travail et à planifier leurs équipes chantier.

Questions les plus fréquentes

C'est un dispositif propre au bâtiment qui permet de suspendre le travail sur chantier en cas de conditions météorologiques dangereuses ou rendant le travail impossible, tout en indemnisant les salariés.

Non : seules les conditions météo rendant le travail dangereux ou impossible sur le chantier le justifient, et la décision d'arrêt revient à l'employeur.

Le salarié doit justifier d'au moins 200 heures de travail sur les 2 mois précédant l'arrêt et être présent au moment de celui-ci.

L'employeur avance les indemnités aux salariés, puis se fait rembourser par la caisse des congés payés et du chômage-intempéries du BTP (CIBTP), auprès de laquelle il cotise.

Non. Le chômage-intempéries est un dispositif distinct des congés payés, même s'il est géré par la même caisse (CIBTP).

Pour aller plus loin

cet article est fourni à titre informatif et ne se substitue pas aux textes officiels. Les seuils et taux évoluent ; vérifiez les informations auprès de votre caisse CIBTP et des textes en vigueur avant toute application.

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