Industries & services
Secteurs

Tout savoir sur la convention collective des cadres du bâtiment (IDCC 2420) en 2026

Par 
Romain
Séparateur
Temps de lecture estimé
3
 min
Séparateur
Mis à jour le :
2/7/26

L'essentiel à retenir

  • Les cadres du bâtiment relèvent de la convention IDCC 2420, avec une grille de salaires nationale (contrairement aux ouvriers et ETAM).
  • Les minima sont fixés par coefficient hiérarchique (60 à 162), de 2 356 € à 5 472 € bruts mensuels au 1er février 2026.
  • La grille 2026 résulte de l'avenant n° 78 du 19 janvier 2026 (+1,20 % en moyenne), non encore étendu à la date de rédaction.
  • Les cadres en forfait jours bénéficient d'un minimum majoré de 10 %.
  • La période d'essai est de 3 mois, et les congés relèvent de la CIBTP comme pour tout le secteur.

Les cadres du bâtiment (ingénieurs, conducteurs de travaux confirmés, responsables d'agence, directeurs) relèvent d'une convention collective dédiée, l'IDCC 2420. Particularité notable : à la différence des ouvriers et des ETAM, leur grille de salaires est nationale. Cet article détaille les obligations de l'employeur : grille, forfait jours, période d'essai et préavis.

Cet article approfondit un volet de la convention collective du bâtiment ; pour gérer le temps de travail et les forfaits, un logiciel de suivi des temps adapté aux équipes terrain est un atout.

Le statut cadre dans le BTP

Le statut cadre dans le bâtiment recouvre des fonctions à forte responsabilité, caractérisées par un degré élevé d'autonomie, un pouvoir de décision ou d'encadrement, et une expertise technique ou managériale. Il se distingue des ETAM (employés, techniciens, agents de maîtrise) par l'étendue des responsabilités, l'autonomie dans l'organisation du travail et, fréquemment, un mode de rémunération au forfait jours. La convention classe les cadres par position et coefficient hiérarchique (de 60 à 162), du cadre débutant au cadre dirigeant.

On peut regrouper les métiers cadres du bâtiment en trois grandes familles.

1. Encadrement de chantier et de production — piloter la réalisation des ouvrages et les équipes terrain :

  • Conducteur de travaux (confirmé, principal)
  • Directeur de travaux ou de chantier
  • Chef de chantier de haut niveau (cette fonction relève, selon le degré de responsabilité, des ETAM ou des cadres)
  • Responsable de secteur ou d'exploitation travaux

2. Études, ingénierie et expertise technique — concevoir, chiffrer et fiabiliser les projets :

  • Ingénieur travaux, méthodes, structure ou études de prix
  • Ingénieur d'études ou de calcul, responsable de bureau d'études
  • Économiste de la construction (niveau cadre)
  • Ingénieur ou responsable QSE (qualité, sécurité, environnement) et prévention
  • Responsable BIM, géomètre ou topographe confirmé

3. Direction, gestion et développement — piloter l'activité, le commerce et l'entreprise :

  • Directeur ou responsable d'agence
  • Directeur technique, directeur d'exploitation
  • Chargé d'affaires ou responsable d'affaires confirmé
  • Fonctions de direction d'entreprise (selon la taille et la classification)

📝 Bon à savoir : le passage du statut ETAM (niveaux hauts) au statut cadre dépend des fonctions réellement exercées, pas seulement du titre. Un mauvais positionnement peut entraîner un rappel de salaire ou de cotisations, notamment de retraite des cadres (cotisation APEC, ex-tranche cadre).

La grille de salaires nationale 2026

Contrairement aux ouvriers et aux ETAM, les cadres du bâtiment bénéficient d'une grille nationale, fixée par coefficient hiérarchique (de 60 à 162), répartie en trois positions.

Grille à jour au 1er février 2026 (avenant n° 78 du 19 janvier 2026, +1,20 % en moyenne) — salaire mensuel brut (base 169 h / 39 h hebdo) :

PositionCoefficientsSalaire minimum mensuel brut 2026
Cadres débutants60 à 85de 2 356 € à 3 197 €
Cadres intermédiaires90 à 120de 3 353 € à 4 145 €
Cadres confirmés / dirigeants130 à 162de 4 411 € à 5 472 €

⚠️ Attention : texte non encore étendu. L'avenant n° 78 est obligatoire pour les entreprises adhérentes aux organisations signataires dès le 1er février 2026. Pour les autres, il ne s'imposera qu'après publication de l'arrêté d'extension au Journal officiel ; jusque-là, l'avenant précédent (n° 77 du 16 janvier 2025) ou le SMIC font référence.

Représentation de l'interface Skello pour créer ses plannings en ligne
4,5 étoiles - notes moyennes de skello
4,5/5 sur plus de 2 000 avis
Suivez vos cadres au forfait jours et fiabilisez la conformité, en une seule interface.
Tester Skello gratuitement

Forfait jours et majoration de 10 %

Du fait de leur autonomie dans l'organisation de leur travail, de nombreux cadres du bâtiment relèvent d'une convention de forfait annuel en jours : leur temps de travail se décompte en jours travaillés sur l'année, et non en heures.

Comment fonctionne le forfait jours ?

  • Le temps de travail est plafonné à un nombre de jours par an : le plus souvent 218 jours (journée de solidarité incluse), sauf nombre inférieur fixé par accord.
  • Le dispositif doit être prévu par un accord collectif (de branche ou d'entreprise) et formalisé par une convention individuelle de forfait écrite, intégrée au contrat de travail.
  • Le cadre au forfait jours n'est pas soumis aux durées maximales quotidiennes et hebdomadaires, ni au régime des heures supplémentaires…
  • … mais il conserve ses droits au repos : 11 heures de repos quotidien et 35 heures de repos hebdomadaire au minimum.

⚠️ Attention — obligations de l'employeur : le forfait jours impose un suivi régulier de la charge de travail, au moins un entretien annuel (charge, organisation, articulation vie professionnelle / vie personnelle, rémunération) et le respect du droit à la déconnexion. À défaut de suivi effectif, la convention de forfait peut être déclarée nulle, exposant l'employeur à un rappel d'heures supplémentaires.

Les jours de repos. La différence entre les jours théoriquement travaillables et le plafond du forfait donne des jours de repos (souvent appelés JNT ou RTT). En accord avec l'employeur, le salarié peut renoncer à une partie de ces jours contre une majoration de salaire, dans la limite de 235 jours travaillés par an.

Deux « +10 % » à ne pas confondre :

  • le minimum conventionnel des cadres du bâtiment au forfait jours est majoré de 10 % par rapport au minimum du coefficient (spécificité de l'IDCC 2420) ;
  • la renonciation à des jours de repos (rachat) ouvre droit à une majoration de salaire d'au moins 10 %, prévue par le Code du travail.

Suivre les forfaits jours avec un logiciel. Un forfait jours ne se « pointe » pas en heures, mais il se pilote : décompte des jours travaillés et des jours de repos, suivi de la charge, contrôle des repos quotidien et hebdomadaire. Skello permet de gérer les salariés au forfait jours au même titre que les salariés au volume horaire — suivi des temps de travail et compteurs de CP, RTT et repos dans une même interface, pour des équipes souvent mixtes (ouvriers et ETAM à l'heure, cadres au forfait).

📝 À noter : la grille des cadres du Nord et du Pas-de-Calais est par ailleurs majorée par rapport à la grille nationale.

Période d'essai et préavis

La période d'essai des cadres du bâtiment est de 3 mois, renouvelable une fois dans les conditions prévues par la convention. Le préavis en cas de rupture est généralement de 3 mois pour les cadres, selon l'ancienneté et le motif.

L'indemnité de licenciement est due dès un an d'ancienneté (hors faute grave), selon les règles conventionnelles et légales.

Congés et CIBTP

Comme l'ensemble des salariés du bâtiment, les cadres voient leurs congés payés gérés par la CIBTP, avec la prime de vacances de 30 % propre au secteur.

Congés payés BTP (CIBTP)

Gérer les cadres avec un logiciel

Suivi des forfaits jours, contrôle de la charge de travail, application de la grille nationale et des majorations : la gestion des cadres du bâtiment a ses propres exigences, notamment en matière de suivi du temps de travail au forfait. Un logiciel de planning et de suivi des temps permet de tracer ces éléments et de sécuriser la conformité.

Skello aide les entreprises du bâtiment à suivre les temps de travail et à planifier leurs équipes.

Questions les plus fréquentes

Les cadres du bâtiment relèvent de l'IDCC 2420, une convention nationale (à la différence des ouvriers et ETAM, dont les grilles sont régionales).

Par position et coefficient hiérarchique, de 60 à 162, du cadre débutant au cadre dirigeant. Le coefficient détermine le minimum conventionnel.

Non. Le forfait jours est fréquent du fait de l'autonomie des cadres, mais il n'est pas automatique : il suppose un accord collectif et une convention individuelle écrite.

Le minimum conventionnel d'un cadre du bâtiment au forfait jours est majoré de 10 % par rapport au minimum de son coefficient. À ne pas confondre avec la majoration d'au moins 10 % applicable, elle, au rachat de jours de repos.

Le plafond est le plus souvent de 218 jours par an (journée de solidarité incluse), sauf nombre inférieur fixé par accord.

Pour aller plus loin

cet article est fourni à titre informatif et ne se substitue pas aux textes officiels. Les grilles et seuils évoluent ; vérifiez le statut d'extension de l'avenant et la grille en vigueur sur Légifrance avant toute application.

Analysez cet article avec une IA

Approfondissez ce contenu en un clic. Demandez un résumé, des actions clés ou des conseils personnalisés à une intelligence artificielle.

Recommandé pour vous