
Les cadres du bâtiment (ingénieurs, conducteurs de travaux confirmés, responsables d'agence, directeurs) relèvent d'une convention collective dédiée, l'IDCC 2420. Particularité notable : à la différence des ouvriers et des ETAM, leur grille de salaires est nationale. Cet article détaille les obligations de l'employeur : grille, forfait jours, période d'essai et préavis.
Cet article approfondit un volet de la convention collective du bâtiment ; pour gérer le temps de travail et les forfaits, un logiciel de suivi des temps adapté aux équipes terrain est un atout.
Le statut cadre dans le bâtiment recouvre des fonctions à forte responsabilité, caractérisées par un degré élevé d'autonomie, un pouvoir de décision ou d'encadrement, et une expertise technique ou managériale. Il se distingue des ETAM (employés, techniciens, agents de maîtrise) par l'étendue des responsabilités, l'autonomie dans l'organisation du travail et, fréquemment, un mode de rémunération au forfait jours. La convention classe les cadres par position et coefficient hiérarchique (de 60 à 162), du cadre débutant au cadre dirigeant.
On peut regrouper les métiers cadres du bâtiment en trois grandes familles.
1. Encadrement de chantier et de production — piloter la réalisation des ouvrages et les équipes terrain :
2. Études, ingénierie et expertise technique — concevoir, chiffrer et fiabiliser les projets :
3. Direction, gestion et développement — piloter l'activité, le commerce et l'entreprise :
Bon à savoir : le passage du statut ETAM (niveaux hauts) au statut cadre dépend des fonctions réellement exercées, pas seulement du titre. Un mauvais positionnement peut entraîner un rappel de salaire ou de cotisations, notamment de retraite des cadres (cotisation APEC, ex-tranche cadre).
Contrairement aux ouvriers et aux ETAM, les cadres du bâtiment bénéficient d'une grille nationale, fixée par coefficient hiérarchique (de 60 à 162), répartie en trois positions.
Grille à jour au 1er février 2026 (avenant n° 78 du 19 janvier 2026, +1,20 % en moyenne) — salaire mensuel brut (base 169 h / 39 h hebdo) :
| Position | Coefficients | Salaire minimum mensuel brut 2026 |
|---|---|---|
| Cadres débutants | 60 à 85 | de 2 356 € à 3 197 € |
| Cadres intermédiaires | 90 à 120 | de 3 353 € à 4 145 € |
| Cadres confirmés / dirigeants | 130 à 162 | de 4 411 € à 5 472 € |
Attention : texte non encore étendu. L'avenant n° 78 est obligatoire pour les entreprises adhérentes aux organisations signataires dès le 1er février 2026. Pour les autres, il ne s'imposera qu'après publication de l'arrêté d'extension au Journal officiel ; jusque-là, l'avenant précédent (n° 77 du 16 janvier 2025) ou le SMIC font référence.
Du fait de leur autonomie dans l'organisation de leur travail, de nombreux cadres du bâtiment relèvent d'une convention de forfait annuel en jours : leur temps de travail se décompte en jours travaillés sur l'année, et non en heures.
Comment fonctionne le forfait jours ?
Attention — obligations de l'employeur : le forfait jours impose un suivi régulier de la charge de travail, au moins un entretien annuel (charge, organisation, articulation vie professionnelle / vie personnelle, rémunération) et le respect du droit à la déconnexion. À défaut de suivi effectif, la convention de forfait peut être déclarée nulle, exposant l'employeur à un rappel d'heures supplémentaires.
Les jours de repos. La différence entre les jours théoriquement travaillables et le plafond du forfait donne des jours de repos (souvent appelés JNT ou RTT). En accord avec l'employeur, le salarié peut renoncer à une partie de ces jours contre une majoration de salaire, dans la limite de 235 jours travaillés par an.
Deux « +10 % » à ne pas confondre :
Suivre les forfaits jours avec un logiciel. Un forfait jours ne se « pointe » pas en heures, mais il se pilote : décompte des jours travaillés et des jours de repos, suivi de la charge, contrôle des repos quotidien et hebdomadaire. Skello permet de gérer les salariés au forfait jours au même titre que les salariés au volume horaire — suivi des temps de travail et compteurs de CP, RTT et repos dans une même interface, pour des équipes souvent mixtes (ouvriers et ETAM à l'heure, cadres au forfait).
À noter : la grille des cadres du Nord et du Pas-de-Calais est par ailleurs majorée par rapport à la grille nationale.
La période d'essai des cadres du bâtiment est de 3 mois, renouvelable une fois dans les conditions prévues par la convention. Le préavis en cas de rupture est généralement de 3 mois pour les cadres, selon l'ancienneté et le motif.
L'indemnité de licenciement est due dès un an d'ancienneté (hors faute grave), selon les règles conventionnelles et légales.
Comme l'ensemble des salariés du bâtiment, les cadres voient leurs congés payés gérés par la CIBTP, avec la prime de vacances de 30 % propre au secteur.
Suivi des forfaits jours, contrôle de la charge de travail, application de la grille nationale et des majorations : la gestion des cadres du bâtiment a ses propres exigences, notamment en matière de suivi du temps de travail au forfait. Un logiciel de planning et de suivi des temps permet de tracer ces éléments et de sécuriser la conformité.
Skello aide les entreprises du bâtiment à suivre les temps de travail et à planifier leurs équipes.
Pour aller plus loin
cet article est fourni à titre informatif et ne se substitue pas aux textes officiels. Les grilles et seuils évoluent ; vérifiez le statut d'extension de l'avenant et la grille en vigueur sur Légifrance avant toute application.
Planification, calcul des heures supplémentaires, primes de nuit et préparation de la paie. Gagnez du temps et restez conforme en toutes circonstances.