La convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité — dite CCN 3196 ou IDCC 1351 — encadre les conditions de travail de près de 180 000 salariés en France. Des agents APS au personnel de sûreté aéroportuaire, en passant par les agents SSIAP et les responsables d'exploitation, tous sont concernés.
Ce guide vous présente ce qui compte vraiment en pratique : la grille des salaires minimum 2026, les règles sur les vacations et le temps de travail, les majorations (nuit, dimanche, jours fériés) et ce qui a changé depuis le 1er mars 2026.
📝 Mis à jour avec l'accord triennal du 25/09/2023 et l'avenant du 3 septembre 2025 (en vigueur 1er mars 2026).
Qu'est-ce que la convention collective sécurité privée (IDCC 1351) ?
La CCN 3196 est la convention collective nationale signée le 15 février 1985 et étendue par arrêté du 25 juillet 1985. Elle s'applique à toutes les entreprises dont l'activité principale relève de la prévention et de la sécurité privée.
Deux repères à connaître :
- Numéro de brochure JO : 3196 — la référence qu'on trouve dans les contrats de travail
- IDCC : 1351 — l'identifiant utilisé dans les logiciels de paie et sur Légifrance
Qui est concerné par cette convention collective ?
Sont couverts par la CCN 3196 :
- Les agents de surveillance et de gardiennage (APS — titulaires du TFP APS)
- Les agents de sécurité incendie (SSIAP 1, 2 et 3)
- Les agents cynophiles et agents de sûreté aéroportuaire
- Les agents mobiles, convoyeurs de fonds, opérateurs de télésurveillance
- Les agents de maîtrise et cadres encadrant ces activités
Pour vérifier que votre entreprise relève bien de la CCN 3196, consultez la fiche officielle sur le Code du travail numérique ou le texte consolidé sur Légifrance.
Grille des salaires 2026 : coefficients et minima par catégorie
Depuis le 1er janvier 2026, la grille des salaires minima conventionnels a été revalorisée de +2,8 %. C'est la troisième et dernière année de l'accord triennal signé le 25 septembre 2023 et étendu par arrêté du 20 décembre 2023. Sur trois ans (2024-2026), la hausse cumulée atteint environ +11,4 %.
Grille employés et agents d'exploitation (au 1er janvier 2026)
Base : 151,67 heures mensuelles (35 h/semaine). Montants bruts.
Grille agents de maîtrise et cadres (au 1er janvier 2026)
💡 Exemple concret : un agent SSIAP 1 (coefficient 140) passe SSIAP 2 et accède au coefficient AM 150. Son salaire minimum passe de 1 965,78 € à 2 234,30 €, soit +268,52 € brut/mois. Sur un an, c'est plus de 3 200 € de gain brut annuel.
Comment lire votre coefficient sur votre fiche de paie ?
Votre coefficient figure systématiquement sur votre contrat de travail et sur votre bulletin de paie. Si la mention est absente, vous pouvez la demander par écrit à votre employeur.
La progression dépend de trois facteurs :
- L'ancienneté dans l'entreprise
- Les qualifications obtenues (TFP APS, SSIAP 1/2/3, CQP)
- Les évaluations professionnelles et l'évolution des responsabilités
Prime d'ancienneté et autres compléments de rémunération
Le salaire conventionnel est un minimum. Plusieurs primes et indemnités viennent s'y ajouter obligatoirement.
Prime d'ancienneté
La prime d'ancienneté est calculée sur le salaire minimum conventionnel de la qualification du salarié (et non sur le salaire réel, même si celui-ci est supérieur).
💡 Exemple concret : un agent avec 10 ans d'ancienneté et un salaire de base de 1 900 € perçoit +152 €/mois au titre de l'ancienneté, soit ~1 824 € supplémentaires par an. Cette prime passe souvent inaperçue sur les bulletins de paie — vérifiez qu'elle figure bien.
Indemnités liées aux conditions de travail
Prime annuelle (13ème mois)
Les salariés ayant au moins 1 an d'ancienneté et présents au 31 octobre perçoivent une prime annuelle versée en novembre, composée de :
- Part fixe : 500 € brut/an (pour 151,67 heures), proratisée pour les temps partiels
- Part variable : jusqu'à la différence entre la part fixe et 1 mois de salaire brut de base, selon des critères définis par l'entreprise (50 %) et la branche (50 %)
Le total maximum est égal à 1 mois de salaire brut de base.
Vacations en sécurité privée : durées, repos et organisation du planning
La notion de vacation est centrale dans la sécurité privée. C'est la période continue de travail d'un agent sur un poste, qu'il s'agisse d'une garde de 8 heures ou d'un service de nuit de 12 heures.
Ce qui a changé au 1er mars 2026 : la vacation minimale
Avant cette date, certains employeurs planifiaient des vacations très courtes (2 ou 3 heures), ce qui rendait les déplacements peu rentables pour les agents et fragilisait les revenus.
Ce n'est plus possible pour les salariés à temps complet, sauf dans deux situations précises :
- Les aéroports de moins de 850 000 passagers annuels
- Les renforts ponctuels effectués par des salariés volontaires sur des créneaux non initialement planifiés
Si vous êtes à temps complet et que votre planning régulier contient des vacations inférieures à 6 heures sans que vous soyez volontaire, vérifiez la conformité auprès de votre délégué du personnel.
Durées maximales de vacation : le récapitulatif
Planning : délais, pauses et repos
Délai de remise du planning : l'employeur doit remettre le planning initial aux salariés 7 jours avant la période de planification concernée.
Pause obligatoire : dès que la vacation atteint 6 heures, le salarié bénéficie d'une pause de 30 minutes continues. Contrairement au droit commun, cette pause est rémunérée et assimilée à du temps de travail effectif dans la CCN sécurité privée.
Repos entre vacations :
- 11 heures minimum entre deux vacations (repos quotidien)
- 24 heures obligatoires lors d'une alternance nuit → jour ou jour → nuit
- 2 jours continus minimum de repos hebdomadaire
Majorations : nuit, dimanche et jours fériés
La sécurité privée est un secteur 24 h/24, 7 j/7. Les majorations sont donc fréquentes et peuvent représenter une part importante de la rémunération mensuelle.
💡 Exemple de calcul complet : un agent au coefficient 140 (taux horaire brut : 12,96 €) effectue une vacation de 8 heures un samedi soir, dont 4 heures entre 21 h et 6 h et les 4 heures restantes le dimanche matin.
- Salaire de base : 8 × 12,96 = 103,68 €
- Majoration 4 h de nuit : 4 × 12,96 × 10 % = 5,18 €
- Majoration 4 h de dimanche (hors nuit) : 4 × 12,96 × 10 % = 5,18 €
- Total brut vacation : 114,04 € (avant primes et ancienneté)
Congés payés et absences : ce qui diffère du droit commun
Sur les congés payés, la CCN 3196 n'apporte pas de différence majeure par rapport au Code du travail. Les salariés bénéficient de 30 jours ouvrables par an (2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif), ce qui est identique au droit commun.
Quelques spécificités à connaître :
- Période de prise des CP étendue à 12 mois — contrairement au droit commun qui fixe une échéance au 31 octobre, la CCN sécurité privée permet de prendre ses congés sur une période de 12 mois. Les agents qui n'avaient pas posé tous leurs congés avant octobre ne les perdent donc pas automatiquement.
- Prime d'étalement des vacances : versée aux salariés prenant au moins 2 semaines de congés principal en dehors de la période juin-septembre.
- Congé enfant malade : 4 jours par an rémunérés à 50 %, sous réserve d'1 an d'ancienneté et de garde exclusive.
Arrêts maladie — les délais de carence varient selon la catégorie :
Pour assurer le suivi du temps de travail de vos agents et anticiper les remplacements lors d'absences, un outil adapté à la sécurité privée peut faire une vraie différence dans votre gestion quotidienne.
FAQ — Questions fréquentes sur la CCN sécurité privée
Quel est le salaire minimum d'un agent de sécurité en 2026 ?
Le salaire minimum conventionnel dépend du coefficient de l'agent. Au 1er janvier 2026, suite à la revalorisation de +2,8 % prévue par l'accord triennal 2023, le coefficient 120 (agent APS) s'établit à 1 883,85 € brut/mois pour 151,67 heures (35 h/semaine). Ce montant est un plancher : l'employeur peut payer davantage, mais ne peut pas payer en dessous.
Quelle est la durée maximale d'une vacation en sécurité privée ?
La durée maximale est de 12 heures pour les services comportant une présence vigilante. La semaine de travail ne peut pas dépasser 4 fois 12 heures (48 h), et la durée hebdomadaire moyenne ne peut pas excéder 46 heures sur 12 semaines consécutives. Depuis le 1er mars 2026, la durée minimale est de 6 heures continues pour les salariés à temps complet.
La pause est-elle rémunérée dans la sécurité privée ?
Oui. La convention collective prévoit une pause de 30 minutes continues dès que la vacation atteint 6 heures. Contrairement au droit commun, cette pause est rémunérée et assimilée à du temps de travail effectif. Elle doit donc être intégrée dans le calcul de la rémunération brute de la vacation.
Combien d'heures supplémentaires peut-on faire sans autorisation dans la sécurité privée ?
Le contingent annuel d'heures supplémentaires sans autorisation de l'inspection du travail est fixé à 329 heures par an — soit significativement plus que le contingent légal de 220 heures. Au-delà de ce seuil, l'autorisation de l'inspecteur du travail est requise (article L3121-33 du Code du travail + CCN IDCC 1351).
Comment sont majorées les heures de nuit dans la sécurité privée ?
Les heures travaillées entre 21 h et 6 h sont majorées de 10 % du taux horaire minimum conventionnel du salarié. Pour les salariés de la sûreté aérienne et aéroportuaire, la majoration est de 25 % du taux horaire de base. Ces majorations se cumulent avec celles du dimanche ou des jours fériés.


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