
Avec près d’1 million de salariés en équivalent temps plein, le commerce de gros – appelé aussi grossiste ou négoce - regroupe les entreprises qui achètent aux fabricants et vendent ces produits à des professionnels ou des intermédiaires. Alimentation, biens d’équipements, textiles… autrement dit tout ce qui ira, ensuite, remplir les étals des magasins. Les salariés de ce secteur bénéficient d’une convention collective nationale (CCN) dédiée. Quelles sont les particularités de ces accords ? Quelles différences entre secteur alimentaire et non alimentaire ? Quels avantages pour les salariés et les entreprises ? Vous saurez tout ici même !
Afin d’adapter le droit du travail aux réalités terrain des entreprises du commerce de gros, une convention collective a été signée initialement le 23 juin 1970, avec pour identifiant le numéro IDCC 0573.
Notez que la législation la met à jour régulièrement par des avenants négociés entre les employeurs et les représentants du personnel, de sorte à s’adapter aux évolutions du secteur et à sa réalité. Le but étant de garantir aux salariés des conditions de travail plus favorables que dans les bases du droit du travail, et cohérentes avec leur quotidien.
Le commerce de gros étant particulièrement vaste, il émane de cette convention collective des spécificités liées aux différents domaines qui le composent et qui font l’objet d’avenants, par exemple :
Cependant, si la convention s'applique à toutes les entreprises relevant de son champ d'application (activité de commerce de gros, d'intermédiaire ou de service auxiliaire), certains domaines bénéficient de leur propre convention collective. C’est notamment le cas du commerce de gros de produits pharmaceutiques et de celui des fruits et légumes. Plus largement, les différences se trouvent essentiellement entre le commerce alimentaire et le commerce non-alimentaire.
Pour autant, comme toute convention collective, la CCN du commerce de gros fixe les règles communes en matière de :
Et toute entreprise du commerce de gros doit respecter la convention collective et ainsi les droits de ses salariés.
La convention 573 s'applique aux entreprises dont l'activité exclusive ou principale est le commerce de gros : l'achat de marchandises pour les revendre, sans transformation, à des professionnels (distributeurs, artisans, industriels, collectivités). On parle de négoce ou de distribution interentreprises.
Les grandes familles de produits couvertes sont les suivantes :
Côté codes NAF, la convention concerne principalement la division 46 (commerce de gros), notamment les codes 46.31Z à 46.39B pour l'alimentaire, 46.41Z à 46.49Z pour les biens domestiques, 46.51Z à 46.69C pour les équipements et 46.71Z à 46.77Z pour les autres commerces de gros spécialisés.
Attention : le code NAF attribué par l'INSEE n'est qu'un indice. Ce qui tranche en pratique, c'est l'activité principale réellement exercée par l'entreprise, pas son objet social déclaré dans les statuts. Une entreprise dont le code NAF relève du commerce de gros peut donc dépendre d'une autre convention.
Vous doutez de votre rattachement ? Procédez dans cet ordre :
Le texte de la convention collective du commerce de gros est public et gratuit. Deux sources officielles permettent de le consulter :
Sur Légifrance, trois types de textes coexistent :
Une version payante n'est pas nécessaire pour vérifier une disposition. Les offres commerciales revendent une mise en page ou un service de veille, jamais un texte différent.
Bon à savoir : pour savoir si un avenant ou un accord s'impose à toutes les entreprises de la branche, la seule date qui compte est celle de son extension par arrêté ministériel. Tant qu'un texte n'est pas étendu, il ne s'applique qu'aux entreprises adhérentes d'une organisation patronale signataire.
Le commerce de gros étant très vaste, la convention distingue plusieurs régimes selon le secteur. Les principaux points de divergence :
| Thème | Secteur alimentaire | Secteur non-alimentaire |
|---|---|---|
| Contingent d'heures supplémentaires | 180 h/an | 220 h/an (contingent légal) |
| Valorisation de l'ancienneté | Garantie annuelle de rémunération (+2 % dès 1 an) | Garantie d'ancienneté (+5 % à +17 % selon l'ancienneté) |
| Repos hebdomadaire | 36 h + ½ journée/semaine (ou 1 jour/2 semaines) | 48 heures |
Bon à savoir : certains sous-secteurs (surgelés, fruits et légumes, confiserie…) font l'objet d'avenants propres au sein de l'IDCC 573. En cas de doute, le texte de référence reste consultable sur Légifrance.
Ne confondez pas la 573 et la 2216. La confusion est fréquente : la convention 573 couvre le commerce de gros, y compris son volet alimentaire spécialisé. Elle est distincte de la convention collective du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire (IDCC 2216), qui régit la grande distribution : supermarchés, hypermarchés, supérettes et leurs entrepôts.
Le critère de distinction reste l'activité principale. Un distributeur alimentaire généraliste, qui vend au détail ou approvisionne ses propres magasins, relève de la 2216. Un grossiste spécialisé dans une famille de produits alimentaires, qui vend à des professionnels, relève en principe de la 573. Pour le détail des règles applicables à la grande distribution, consultez notre guide de la convention collective de la grande distribution (IDCC 2216).
Les salaires minima de la convention dépendent de la catégorie, du niveau, de l'échelon et du coefficient. Lorsqu'un minimum conventionnel est inférieur au SMIC (1 867,02 € bruts mensuels en 2026), c'est le SMIC qui s'applique.
Minima mensuels bruts, pour un temps plein (151,67 h/mois), vérifiés chaque mois :
| Niveau | Échelon 1 | Échelon 2 | Échelon 3 |
|---|---|---|---|
| I | 1 867,02 € * | 1 867,02 € * | 1 867,02 € * |
| II | 1 867,02 € * | 1 867,02 € * | 1 872,27 € |
| III | 1 883,50 € | 1 894,80 € | 1 906,17 € |
| IV | 1 917,61 € | 1 929,12 € | 1 940,69 € |
| V | 1 948,67 € | 2 021,75 € | 2 097,56 € |
| VI | 2 176,22 € | 2 257,83 € | 2 342,50 € |
* Minimum conventionnel inférieur au SMIC → le SMIC (1 867,02 €) s'applique. Minima mensuels bruts pour un temps plein (151,67 h/mois).
| Niveau | Échelon 1 | Échelon 2 | Échelon 3 |
|---|---|---|---|
| VII | 29 963,76 € | 31 461,94 € | 33 035,04 € |
| VIII | 38 231,45 € | 42 054,60 € | 46 260,06 € |
| IX | 50 886,07 € | 55 974,67 € | — |
| X | 64 370,87 € | 77 245,05 € | — |
Minima annuels bruts, appréciés au 31 décembre (au prorata en cas d'arrivée/départ en cours d'année).
À noter : pour les non-cadres, le minimum se vérifie mensuellement ; pour les cadres, c'est le cumul annuel des salaires bruts qui est comparé au minimum. Un accord d'entreprise plus favorable prime toujours sur la grille de branche.
La classification de la branche repose sur l'accord du 5 mai 1992. Les emplois sont répartis en quatre filières : logistique, commercial, administratif et technique. Ils sont ensuite classés sur dix niveaux : les niveaux I à VI pour les employés, techniciens et agents de maîtrise, les niveaux VII à X pour les cadres.
Le classement d'un poste se fait en deux temps :
Un changement de niveau intervient quand le contenu du poste évolue : plus d'autonomie, un périmètre de responsabilité élargi, une compétence nouvelle exigée. Un changement d'échelon, lui, récompense la progression du salarié dans un poste inchangé. Dans les deux cas, le salaire minimum applicable change immédiatement, puisque chaque couple niveau-échelon correspond à une ligne de la grille. C'est ce couple que l'on désigne couramment par le terme de coefficient.
Quelques exemples de postes types du secteur, tirés des emplois repères de l'accord :
| Poste | Filière | Niveau de l'emploi repère | Minimum 2026 (échelon 1) |
|---|---|---|---|
| Préparateur de commandes | Logistique | II | SMIC (1 867,02 €) |
| Cariste / cariste qualifié | Logistique | II / III | SMIC / 1 883,50 € |
| Employé commercial, preneur d'ordres (commercial sédentaire) | Commercial | III | 1 883,50 € |
Exemple : un cariste classé niveau II, échelon 1, est payé au SMIC. S'il est reconnu cariste qualifié (niveau III), son minimum passe à 1 883,50 €. Avec de l'expérience et une polyaptitude reconnue, il peut atteindre l'échelon 3, soit 1 906,17 €.
La convention superpose deux planchers, qu'il ne faut pas confondre :
Pour comparer la rémunération perçue à la garantie, tous les éléments de salaire entrent en compte, à l'exception de ceux qui figurent dans la liste d'exclusion de l'accord de 1992 :
À l'inverse, les commissions et les primes variables liées à l'activité du salarié sont bien prises en compte : la Cour de cassation l'a confirmé en 2016 (Cass. soc., 6 octobre 2016, n° 15-13.413).
Pour rappel : la règle de comparaison avec le SMIC est distincte. Lorsqu'un minimum conventionnel est inférieur au SMIC, c'est le SMIC qui s'applique chaque mois. La garantie annuelle, elle, se calcule sur la somme des salaires mensuels conventionnels de l'année écoulée, puis se compare au total des salaires bruts effectivement perçus.
Le réflexe employeur : chaque année, au 31 décembre (ou au départ du salarié), comparez pour chaque salarié éligible le total des salaires bruts retenus au montant garanti. Si le total est inférieur, versez le complément. Le calcul se fait au prorata en cas de temps partiel, d'absence non assimilée à du travail effectif ou de départ en cours d'année.
L’objectif d’une convention collective est que les entreprises respectent les règles du droit du travail concernant un secteur. Mais elles y trouvent aussi leur compte dans leur organisation quotidienne. Et cela, dans le commerce de gros comme dans les autres secteurs d’activité :
La convention collective du commerce de gros s'applique à chaque moment dans la vie de l’entreprise. Citons quelques exemples :
Un salarié du secteur du commerce de gros bénéficie d'un repos quotidien qui doit normalement être de 11 heures consécutives. Néanmoins, il peut être exceptionnellement réduit à 9 heures en cas de forte activité, mais sans que cela ne dépasse 10 fois par an. Concernant le repos hebdomadaire, la durée varie selon le type de secteur :
La durée de référence dans la branche est la durée légale : 35 heures par semaine, soit 151,67 heures par mois. La durée quotidienne de travail effectif est limitée à 10 heures. Elle peut être portée exceptionnellement à 12 heures en cas de circonstances imprévisibles et ponctuelles, dans la limite de 10 fois par an.
Toute heure effectuée au-delà de 35 heures par semaine est une heure supplémentaire. Elle ouvre droit aux majorations suivantes :
| Heures supplémentaires | Majoration |
|---|---|
| De la 36e à la 43e heure | 25 % |
| À partir de la 44e heure | 50 % |
Les heures supplémentaires s'imputent sur un contingent annuel : 180 heures dans le secteur alimentaire et 220 heures dans le secteur non alimentaire. En cas de modulation du temps de travail, c'est le contingent légal qui s'applique.
Au-delà du contingent, chaque heure supplémentaire ouvre droit, en plus de sa majoration, à une contrepartie obligatoire en repos. Elle est égale à 50 % des heures effectuées au-delà du contingent dans les entreprises de 20 salariés au plus, et à 100 % dans les entreprises de plus de 20 salariés.
La convention permet aussi de remplacer le paiement des heures supplémentaires et de leur majoration, en tout ou partie, par un repos compensateur équivalent. Une heure supplémentaire majorée à 25 % donne alors droit à 1 h 15 de repos. Les heures ainsi compensées ne s'imputent pas sur le contingent.
Ce que ce choix implique côté planning : le repos compensateur ne réduit pas la charge de travail, il la décale. Chaque heure de repos accordée doit être posée au planning et remplacée par une autre ressource. L'employeur doit tenir un compteur par salarié, informer celui-ci de ses droits acquis et organiser la prise du repos dans les délais. Un outil de gestion des temps permet de compenser les heures supplémentaires en repos et de tenir ces compteurs à jour automatiquement.
L'accord du 14 décembre 2001 sur l'aménagement et la réduction du temps de travail permet aux entreprises de la branche de faire varier la durée du travail d'une semaine à l'autre. Les semaines hautes compensent les semaines basses, et la durée de 35 heures s'apprécie en moyenne sur la période.
Le mécanisme repose sur quatre règles :
Un second accord du 17 avril 2013 organise l'aménagement du temps de travail sur l'année dans le cadre de la loi du 20 août 2008. Il n'est pas étendu : il ne s'impose qu'aux entreprises adhérentes d'une organisation signataire.
Pourquoi c'est central dans le commerce de gros : l'activité se concentre sur des pics de réception et d'expédition (saisonnalité, promotions de vos clients distributeurs, fins de mois). La modulation permet d'absorber ces pics sans payer d'heures supplémentaires chaque semaine, à condition de programmer les variations à l'avance et de suivre le compteur de chaque salarié. Un outil de planification des équipes permet de construire cette programmation et de respecter le délai de prévenance.
Les congés payés relèvent du régime légal (2,5 jours ouvrables par mois, soit 5 semaines par an). La convention prévoit des congés exceptionnels pour événements familiaux :
| Événement | Durée |
|---|---|
| Mariage du salarié | 4 jours |
| Décès du conjoint, partenaire de PACS, concubin notoire ou d'un enfant | 3 jours |
| Décès d'un enfant de moins de 25 ans (congé de deuil) | 8 jours |
📝 À noter :ces durées s'appliquent si elles sont plus favorables que le minimum légal du Code du travail (article L. 3142-4), qui est d'ordre public. Quand le minimum légal est supérieur, c'est lui que l'employeur doit accorder. Des jours supplémentaires non payés peuvent aussi être accordés dans les cas sérieux, sous réserve des nécessités de l'organisation du travail (Code du travail numérique).
Congés supplémentaires liés à l'ancienneté : la convention n'en prévoit pas de façon générale. Seuls les salariés issus de l'ancienne convention du négoce en fournitures dentaires, fusionnée dans l'IDCC 573, en bénéficient : 1 jour ouvrable à partir de 15 ans d'ancienneté, 2 jours à partir de 20 ans et 3 jours à partir de 25 ans.
Jours de RTT : l'accord du 14 décembre 2001 permet d'organiser la réduction du temps de travail sous forme de jours de repos, par accord d'entreprise ou, à défaut, selon les modalités de l'accord de branche. Ces jours doivent être pris avant la fin de l'année de référence, selon un calendrier arrêté en début de période et susceptible de modification. Sauf accord d'entreprise plus favorable, les jours non pris à la fin de la période sont perdus. Un logiciel dédié permet de suivre les compteurs de congés payés et de RTT salarié par salarié.
La convention ne prévoit pas de prime d'ancienneté à proprement parler, mais deux mécanismes de garantie qui valorisent l'ancienneté, différents selon le secteur. Dans les deux cas, il s'agit d'un plancher de rémunération vérifié sur l'année, et non d'une prime systématiquement ajoutée au salaire.
| Secteur | Dispositif | Montant garanti |
|---|---|---|
| Non-alimentaire | Garantie d'ancienneté | Somme des 12 salaires mensuels conventionnels de l'année écoulée, majorée de +5 % à 4 ans, +9 % à 8 ans, +13 % à 12 ans, +17 % à 16 ans |
| Alimentaire | Garantie annuelle de rémunération (GAR) | Somme des 12 salaires mensuels conventionnels de l'année écoulée, majorée de +2 %, dès 1 an d'ancienneté |
📝 À noter : ces garanties s'apprécient au 31 décembre (ou au départ du salarié). L'employeur compare alors le total des salaires bruts perçus au montant garanti et verse, le cas échéant, le complément. Pour le secteur alimentaire, la garantie est proratisée en cas de temps partiel, d'absences non assimilées à du travail effectif ou de départ en cours d'année.
Le secteur du surgelé prévoit en outre des compensations liées au travail au froid.
Le travail de nuit s'entend de 22 h à 6 h. Le salarié qui travaille habituellement de nuit, ou en équipe, perçoit une prime indépendante du salaire, égale à 10 % de son taux horaire pour chaque heure effectuée dans cette plage. Le salarié sédentaire amené à travailler exceptionnellement de nuit perçoit une prime de 25 % de son taux horaire, le personnel de roulage étant exclu du dispositif. Au-delà de 4 heures travaillées entre 22 h et 6 h, le salarié a droit à un casse-croûte ou, à défaut, à une indemnité égale à une fois et demie le minimum garanti, soit 6,53 € depuis le 1er juin 2026. Les gardiens et veilleurs de nuit ne sont pas concernés. Le secteur de la confiserie, chocolaterie et biscuiterie applique une plage spécifique, de 21 h à 5 h.
De la même manière, d'autres secteurs, comme celui des transports, ont des régulations spécifiques concernant la gestion du travail nocturne et des conditions de travail. Découvrez plus sur la convention collective des transports routiers, qui aborde des sujets similaires.
Le principe reste le repos dominical : le Code du travail impose que le repos hebdomadaire soit donné le dimanche. Le travail le dimanche n'est possible que dans les cas de dérogation prévus par la loi : dérogations permanentes liées à l'activité, autorisations accordées par le préfet ou le maire, zones commerciales et touristiques. Dans le cadre des dérogations préfectorales et municipales, seuls les salariés volontaires, ayant donné leur accord par écrit, peuvent travailler le dimanche.
Quand le travail du dimanche est autorisé, la convention prévoit les contreparties suivantes :
| Situation | Contrepartie en rémunération | Contrepartie en repos |
|---|---|---|
| Travail habituel le dimanche | +10 % du taux horaire (15 % dans le secteur des surgelés, congelés et glaces) | Repos hebdomadaire donné un autre jour |
| Travail exceptionnel le dimanche (limité à 3 dimanches par an) | +100 % du taux horaire, en plus de la majoration pour heures supplémentaires le cas échéant | 1 journée de repos compensateur d'une durée équivalente |
Pour le cadre légal général, consultez notre guide sur l'ouverture du magasin le dimanche.
C'est la spécificité la plus marquante du commerce de gros alimentaire. Elle est prévue par l'avenant particulier du 5 juillet 1993 relatif aux produits surgelés, congelés et glaces, qui s'applique aux grossistes, aux plateformes de distribution spécialisées, aux entreprises de livraison aux particuliers et aux points de vente spécialisés de ce secteur.
L'avenant encadre plusieurs aspects du travail au froid :
À noter : la majoration pour travail au froid est une majoration prévue par la convention. Elle est donc exclue de l'assiette de comparaison de la garantie annuelle de rémunération.
L'embauche est précédée d'une période d'essai dont la durée varie selon la catégorie professionnelle (article 33) :
| Catégorie | Période d'essai |
|---|---|
| Employés et ouvriers | 2 mois |
| Techniciens et agents de maîtrise | 3 mois |
| Ingénieurs et cadres | 4 mois |
Cette durée s'entend pour une présence effective : en cas d'absence (maladie, fermeture saisonnière…), l'essai est prolongé d'autant. Des durées plus longues peuvent être prévues, d'un commun accord, pour certains emplois précisés dans les avenants de secteur.
En cas de rupture de l'essai par l'employeur, un délai de prévenance s'applique : 24 h (moins de 8 jours de présence), 48 h (8 jours à 1 mois), 2 semaines (après 1 mois), 1 mois (après 3 mois). En cas de rupture par le salarié : 48 h (ramené à 24 h si la présence est inférieure à 8 jours).
Sauf faute grave ou force majeure, un préavis est dû par la partie qui prend l'initiative de la rupture (article 35) ; son non-respect donne lieu au paiement d'une indemnité compensatrice. Il court à compter du lendemain de la notification :
| Catégorie | Préavis |
|---|---|
| Employés et ouvriers | 1 mois (porté à 2 mois après 2 ans d'ancienneté, en cas de rupture du fait de l'employeur) |
| Agents de maîtrise, techniciens et assimilés | 2 mois |
| Cadres | 3 mois |
Pendant le préavis, le salarié licencié peut s'absenter pour rechercher un emploi, à raison de 2 heures par jour dans la limite de 40 heures sur l'ensemble du préavis (sans réduction de salaire), le moment étant fixé alternativement par le salarié et l'employeur. En cas de démission, ce sont les usages locaux ou professionnels qui s'appliquent, sauf disposition d'un avenant.
📝 Bon à savoir : en cas de licenciement, le salarié qui a exécuté la moitié de son préavis et justifie d'un nouvel emploi peut quitter l'entreprise sans payer d'indemnité de préavis (il n'est alors rémunéré que pour le temps travaillé). Il doit toutefois prévenir l'employeur 2 jours ouvrables à l'avance si le préavis est d'1 mois, 8 jours s'il est de 2 mois, et 15 jours pour les cadres.
Tout salarié licencié, sauf faute grave ou lourde, perçoit une indemnité dès 1 an de présence (article 37) :
| Ancienneté | Indemnité |
|---|---|
| Moins de 10 ans | 1/5 de mois par année d'ancienneté |
| À partir de 10 ans | 1/5 de mois par année + 2/15 de mois par année au-delà de 10 ans |
Le salaire de référence retenu est le plus avantageux entre le douzième des 12 derniers mois et le tiers des 3 derniers mois (les primes annuelles ou exceptionnelles n'étant alors comptées qu'au prorata). Cette indemnité ne se cumule pas avec une autre indemnité de même nature.
Indemnité conventionnelle ou indemnité légale ? L'employeur doit toujours verser la plus favorable des deux. Or, pour les employés, le barème conventionnel est inférieur au barème légal, qui prévoit 1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois par année au-delà. En pratique, c'est donc l'indemnité légale qui s'applique aux employés et ouvriers.
Exemple : un préparateur de commandes payé 2 000 € bruts, licencié après 8 ans d'ancienneté, a droit à 8 × 1/5 × 2 000 = 3 200 € selon la convention, contre 8 × 1/4 × 2 000 = 4 000 € selon la loi. C'est la seconde qui est due.
Les agents de maîtrise, techniciens et cadres relèvent de barèmes spécifiques fixés par leurs avenants. Pour les cadres de plus de 5 ans de présence, le barème conventionnel est plus élevé (de 3 à 5 dixièmes de mois par année selon les tranches, dans la limite de 12 mois) : il faut alors comparer les deux calculs au cas par cas.
Départ et mise à la retraite : la convention prévoit une allocation de départ à la retraite. Là encore, l'employeur verse le montant le plus favorable entre le barème conventionnel et le minimum légal :
La protection sociale complémentaire des salariés du commerce de gros repose sur deux régimes distincts, qu'il faut bien séparer :
Les deux sont obligatoires pour l'employeur, avec une cotisation partagée entre l'employeur et le salarié. Le dirigeant doit s'assurer que ses contrats respectent les garanties minimales, sous peine de devoir indemniser lui-même un salarié privé de la couverture à laquelle il avait droit.
| Régime | Salariés concernés | Texte de référence | Part employeur minimale |
|---|---|---|---|
| Prévoyance non-cadres | Employés, techniciens, agents de maîtrise | Accord de branche du 23 octobre 2023 | 60 % de la cotisation |
| Prévoyance cadres | Cadres (niveaux VII à X) | ANI du 17 novembre 2017 + accord de branche du 17 septembre 2025 | 1,50 % de la tranche 1, à sa charge exclusive |
| Frais de santé | Tous les salariés | Code de la sécurité sociale (socle légal) | 50 % de la cotisation |
Le régime des non-cadres est fixé par l'accord du 23 octobre 2023, étendu par arrêté du 12 mars 2024 et applicable depuis le 1er juillet 2024. Il remplace l'ancien régime de l'accord du 18 janvier 2010.
En cas d'arrêt de travail, la garantie incapacité porte le revenu du salarié à 60 % de son salaire brut de référence (celui des 12 derniers mois), sous déduction des indemnités journalières de la Sécurité sociale. Elle prend le relais du maintien de salaire conventionnel pour les salariés ayant au moins 1 an d'ancienneté. Pour ceux qui ont moins d'1 an, elle intervient après une franchise de 60 jours d'arrêt continu.
Pour les cadres, l'obligation de base vient de l'accord national interprofessionnel (ANI) du 17 novembre 2017. L'employeur doit verser une cotisation patronale minimale de 1,50 % de la tranche 1 (la part du salaire inférieure au plafond de la Sécurité sociale), à sa charge exclusive. Cette cotisation doit être affectée en priorité à la garantie décès.
Le régime de branche vient se greffer sur cette obligation. L'accord de branche du 17 septembre 2025, étendu par arrêté du 11 décembre 2025, est entré en vigueur le 1er juillet 2026. Il impose désormais d'utiliser cette cotisation de 1,50 % pour couvrir, en plus du décès, l'invalidité et l'incapacité temporaire de travail. Jusque-là, de nombreuses entreprises de la branche ne couvraient leurs cadres qu'en cas de décès.
Les deux régimes se cumulent donc : l'ANI fixe le montant minimum de l'effort patronal, l'accord de branche fixe les risques que ce montant doit couvrir. L'accord ne fixe ni taux supplémentaire ni niveau minimal de prestations : chaque entreprise les négocie avec son assureur.
Attention : si votre contrat cadres ne couvre que le décès, il doit être mis en conformité depuis le 1er juillet 2026.
Depuis le 1er janvier 2016, tout employeur du secteur privé doit proposer une complémentaire santé collective à l'ensemble de ses salariés, dès le premier salarié. La convention du commerce de gros n'ayant pas défini de garanties minimales propres, c'est le socle légal qui s'applique :
En cas d'arrêt de travail, l'employeur complète les indemnités journalières de la Sécurité sociale. Les règles dépendent de la catégorie du salarié et de son ancienneté (Code du travail numérique).
En cas de maladie ou d'accident de la vie courante :
| Catégorie | Condition d'ancienneté | Maintien de salaire | Carence |
|---|---|---|---|
| Employés et ouvriers | 1 an | 90 % pendant 30 jours, puis 2/3 pendant 30 jours. Chaque période est allongée de 10 jours par tranche de 5 ans d'ancienneté au-delà de la première année, sans pouvoir dépasser 90 jours | 7 jours, sauf hospitalisation (indemnisation dès le 1er jour) |
| Agents de maîtrise et techniciens | Plus de 3 ans | 100 % : 2 mois (3 à 4 ans), 2,5 mois (5 à 9 ans), 3 mois (10 à 19 ans), 4 mois (20 ans et plus) | 7 jours, sauf hospitalisation |
| Cadres | Plus de 3 ans de présence ou 2 ans en qualité de cadre | 100 % : 3 mois (jusqu'à 4 ans), 4 mois (5 à 9 ans), 5 mois (10 ans et plus) | À vérifier selon l'avenant cadres |
Avant ces seuils, les agents de maîtrise, techniciens et cadres relèvent du régime des employés. Le salaire maintenu est calculé sur la moyenne des 3 derniers mois, sous déduction des indemnités journalières et de la part des prestations de prévoyance financée par l'employeur. Les jours déjà indemnisés au cours des 12 mois précédents s'imputent sur les droits.
En cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle : le complément de salaire est dû dès le premier jour d'arrêt, sans délai de carence. Les durées d'indemnisation suivent le même barème que pour la maladie, dans le respect du minimum légal.
Une fois le maintien de salaire épuisé, c'est la prévoyance qui prend le relais (voir plus haut).
La convention prévoit plusieurs dispositions pour les salariées enceintes, qui s'ajoutent au régime légal :
La durée du congé maternité et les conditions du congé parental d'éducation sont celles du Code du travail : la convention n'y déroge pas.
Côté employeur : une grossesse se prépare en amont. L'aménagement d'horaire du 5e mois réduit la présence de 30 minutes par jour, soit 2 h 30 par semaine pour un temps plein. Il faut ensuite prévoir le remplacement pendant 16 semaines au minimum pour un premier enfant. Anticiper ces absences dans le planning évite de reporter la charge sur le reste de l'équipe au moment des pics d'activité.
En plus de respecter les dispositions conventionnelles de la CCN, qui sont obligatoires pour les employeurs et les salariés du secteur, les entreprises doivent respecter l’accord d’entreprise.
Mais comment s’articulent les deux ? Rappelons que, depuis les ordonnances Macron, en particulier l’ordonnance n° 2017-1388 du 22 septembre 2017, les dispositions les plus favorables prévalaient entre la convention collective et l’accord d’entreprise. Ce n’est plus le cas : aujourd’hui, l’accord d’entreprise a la primauté sur la convention collective, sauf dans les domaines de la formation professionnelle, certains aspects de la protection sociale et les grilles de salaires.
Entre les grilles par niveau et échelon, les majorations distinctes selon le secteur, le suivi du contingent d'heures supplémentaires et les obligations de prévoyance, l'application de la convention au quotidien est exigeante. Un logiciel de planning et de suivi des temps pensé pour les équipes opérationnelles permet d'automatiser le calcul des variables de paie et de sécuriser la conformité.
Concrètement, un logiciel de gestion des temps automatise les points de contrôle abordés dans ce guide :
Skello aide les entreprises du commerce de gros à planifier leurs équipes, à suivre les temps de travail et à gérer les congés et absences dans le respect de la convention collective. C'est ce qui permet à des enseignes comme E.Leclerc DRIVE d'optimiser leur organisation.
Pour aller plus loin
Planification, calcul des heures supplémentaires, primes de nuit et préparation de la paie. Gagnez du temps et restez conforme en toutes circonstances.