L'essentiel à retenir
- La convention collective de la grande distribution (IDCC 2216) couvre les enseignes à prédominance alimentaire : hyper, super, supérettes, drive et leurs entrepôts.
- La grille de salaires repose sur 8 niveaux ; selon la grille 2026, les minima garantis vont d'environ 1 914€ à 3 996€ bruts mensuels.
- Une prime annuelle (13e mois) équivalente à 100% du salaire de base est due dès 1 an d'ancienneté.
- Le secteur a ses majorations propres : nuit, dimanche (jusqu'à +100%), jours fériés (+100%), et un encadrement strict des heures supplémentaires (max 180 h/an).
- Attention à ne pas confondre avec le commerce de gros (IDCC 573) ou le détail non alimentaire, qui relèvent de conventions distinctes.
Le Code du travail régit habituellement les rapports entre employeurs et salariés. Mais il peut arriver qu’une convention collective vienne compléter ou renforcer les droits de chaque partie. Cet accord écrit peut prendre plusieurs formes, et s’applique différemment selon le secteur d’activité concerné. Voici, en tant que manager ou responsable de service, ce que vous devez savoir sur la convention collective grande distribution.
Quel est le nom de la convention collective pour la grande distribution ?
Le domaine de la grande distribution regroupe un certain nombre de secteurs d’activités. Vous êtes salarié, et vous évoluez à un poste d’hôte de caisse, d’employé de rayon ou manager au sein d’un magasin ? Dans ce cas, la convention collective qui s’applique à votre cas est la convention collective du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire (n°3305), en date du 12 juillet 2001 (1).
Vous êtes gérant mandataire non salarié des maisons d’alimentation à succursales, supermarchés et hypermarchés ? Dans ce cas, vous êtes directement concerné par l’accord collectif national, en date du 18 juillet 1963. Ce dispositif conventionnel dit « de prévoyance » vous permet ainsi de faire face à un certain nombre d’aléas (arrêt maladie, accident du travail, invalidité, décès, garantis d’assistance, etc).
Qu'appelle-t-on « grande distribution » ?
Par définition, la grande distribution désigne le commerce de détail de biens de consommation s'effectuant en libre-service au sein d'un réseau physique ou numérique, à destination d'un nombre important de clients. Il s'agit généralement d'un regroupement de chaînes de magasins de tailles diverses, tels que les supérettes (120-400 m² de surface), les supermarchés (400-2500 m²) ou les hypermarchés (supérieurs à 2500 m²). Ils proposent un large assortiment de produits à taux de rotation rapide, dont les marges et les prix sont réduits.
D'abord centrée sur la vente de produits alimentaires, la grande distribution s'est étendue sur de nombreux marchés : mobilier, décoration, vêtements et mode, produits d'hygiène et beauté, jeux et jouets, matériel informatique… Aujourd'hui, elle peut être une grande surface généraliste, alimentaire (GSA) ou spécialisée (GSS).
La notion de grande distribution s'oppose aux petits commerces indépendants dont le point de vente s'avère de surface réduite.
Pour résumer, la grande distribution comprend :
- les hypermarchés ;- les supermarchés ;- les supérettes ;- les grands magasins ;- les grandes surfaces spécialisées comme les enseignes de bricolage ;- les magasins de hard discount.
Ainsi, un salarié employé au rayon chocolat, boulangerie et pâtisserie d'un supermarché ne dépendra pas de la convention collective de la chocolaterie ou de la convention collective de la boulangerie, mais bien de celle de la grande distribution qui correspond au code d'activité de son employeur.
À quoi sert la convention collective du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire ?
D’une manière générale, la convention collective intervient sur des problématiques particulières en lien avec les conditions d’emploi, la formation professionnelle, les conditions de travail et les garanties sociales des salariés. Les règles fixées par la convention collective sont donc plus appliquées que la loi, dans la majorité des cas. Il en va de même pour la convention collective relative au secteur de la grande distribution : cet accord qui régit les relations entre employeur et salariés permet de fixer des règles juridiques en lien avec la rémunération, les congés, la rupture du contrat de travail et le temps de travail.
Si vous souhaitez en savoir plus sur des conventions collectives similaires ou découvrir les spécificités de la convention collective du commerce de détail non alimentaire, consultez Le guide de la convention collective du commerce de détail non alimentaire, qui couvre des points semblables concernant la gestion des relations entre employeurs et salariés dans ce secteur. Pour les entreprises opérant dans le secteur du commerce de gros, le guide pratique : la convention collective pour le commerce de gros vous fournira toutes les informations nécessaires sur cette branche spécifique.
Obligations documentaires de l'employeur
Tous les contrats de travail, bulletins de paie et avenants doivent obligatoirement mentionner le numéro IDCC 2216 ainsi que la référence de la brochure 3305.
L'employeur doit mettre à disposition de chaque salarié un exemplaire à jour de la convention collective, soit par affichage visible dans les locaux, soit en le remettant sur demande. Un exemplaire archivé dans les dossiers de l'entreprise doit être disponible en cas de contrôle de l'inspection du travail ou de l'URSSAF.
Grande distribution : quelles sont les spécificités de la convention collective ?
Période d'essai
La convention 2216 fixe la durée de la période d'essai dans des annexes propres à chaque catégorie (annexe I employés et ouvriers, annexe II agents de maîtrise et techniciens, annexe III cadres).
Dans tous les cas, le renouvellement ou la prolongation doit faire l'objet d'un accord écrit des deux parties.
En cas de rupture de l'essai par l'employeur, un délai de prévenance s'applique :
- Le délai d'1 mois après 3 mois de présence figure dans les annexes II (agents de maîtrise) et III (cadres). Pour les employés et ouvriers (annexe I), le texte s'arrête à « 2 semaines après 1 mois de présence » (pas de palier à 1 mois — cohérent avec une période d'essai plafonnée à 2 mois).
En cas de rupture par le salarié, le délai de prévenance est de 48 heures (ramené à 24 heures si la présence est inférieure à 8 jours).
Préavis démission grande distribution
La démission est un mode de rupture du contrat de travail exclusif au salarié. Celui-ci doit toutefois respecter certaines conditions. Dans le secteur de la grande distribution par exemple, le salarié doit tenir compte d’une période fixée par les conventions, les usages et la loi appelée préavis. Cette période est déclenchée à compter de la notification de la démission, c’est-à-dire au moment où l’employeur reçoit la lettre de démission. Durant ce laps de temps, le salarié reste à la disposition de l’employeur.
La durée du préavis de démission varie selon la catégorie professionnelle du salarié :
13e mois grande distribution
Le 13e mois est en réalité une prime annuelle, versée en une ou plusieurs fois selon les cas. Ce dispositif est typiquement le fruit des accords collectifs de branche, mais est inconnu du Code du travail. Les salariés qui souhaitent en bénéficier doivent généralement justifier d’un minimum d’ancienneté d’un an. Le montant de la prime est généralement équivalent à 100% du salaire mensuel de base.
Prime de responsabilité pour les livraisons
Les chauffeurs-livreurs qui encaissent eux-mêmes les produits livrés bénéficient d'une prime de responsabilité. Elle est destinée à les couvrir des risques relatifs à la perte éventuelle des sommes encaissées et des marchandises. Son montant est de 1/1000 des espèces encaissées.
Prime de mobilité
Les salariés en mobilité 1 ou 2 bénéficient d'une prime de mobilité qui couvre :- La prise en charge des frais de déplacement- Les frais de logement pour hébergement temporaire- Le remboursement des transports- Des dispositions spécifiques concernant la durée maximale du déplacement et le retour à l'emploi d'origine
Temps de travail grande distribution
Le temps de travail hebdomadaire est habituellement de 35 heures pour un temps plein. Le contrat peut toutefois prévoir un aménagement de l'activité, dans la limite d'une moyenne de 42 heures hebdomadaires sur 12 semaines. Pour un temps partiel, la durée minimale est de 26 heures par semaine, sauf cas particuliers (étudiants de moins de 26 ans, demande expresse du salarié, etc.).
Au-delà de cette base, la durée du travail, les heures supplémentaires et le travail en horaires atypiques (nuit, dimanche, jours fériés) obéissent aux règles suivantes :
→ Pour aller plus loin : heures supplémentaires et jours de repos, travail le dimanche et jours fériés et exemple de planning grande distribution.
Congés payés et congés d’ancienneté
La convention collective du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire accorde aux salariés un complément de congés lié à l'ancienneté, en plus des congés payés légaux, et encadre les conditions dans lesquelles les collaborateurs peuvent s'absenter.
Ce complément est d'autant plus favorable que l'ancienneté est élevée :
Ainsi, un salarié comptant 10 ans d'ancienneté bénéficie d'un jour de congé payé supplémentaire, deux jours à partir de 15 ans, et trois jours à partir de 20 ans.
Congés exceptionnels pour événements familiaux
Droit de la femme enceinte
La convention collective de grande distribution prévoit des dispositions particulières pour les femmes enceintes. Cela de manière à assurer confort et protection aux salariés en demande. Dans un premier temps, une réduction d’horaire pourra être envisagée, à partir du 4e mois de grossesse révolu : dans ce cas précis, la prise de poste pourra s’effectuer 15 minutes après l’horaire habituel, et le départ 15 minutes avant l’horaire habituel, sans aucune diminution de salaire. Ensuite, les consultations prénatales obligatoires (qui ont lieu pendant les heures de travail et qui sont prévues par l’assurance maladie), sont payées aux taux du salaire effectifs. Enfin, le salaire est maintenu tout au long de la période de grossesse.
Est-ce que mon entreprise dépend de la convention collective du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire ?
Si vous souhaitez savoir à quelle convention collective appartient votre entreprise, plusieurs solutions s’offrent à vous. Vous pouvez par exemple vous référer au code APE/NAF de l’entreprise, qui indique à la fois l’activité principale exercée par celle-ci et la convention qui s’y applique. Pour les hypermarchés, le code NAF en vigueur est 4711F. Pour les supermarchés, le code NAF en vigueur est le 4711D. Pour le commerce de gros alimentaire non spécialisé, le code NAF en vigueur est le 4639B.
Recherchez également l’identifiant IDCC de la convention collective, donnée administrative établie par le ministère du Travail. Contactez l’inspection du travail compétente territorialement pour en savoir plus à ce sujet. Sachez par exemple que l’identifiant IDCC de la convention collective du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire est le 2216.
Quels sont les métiers concernés par la convention collective de la grande distribution ?
Bien qu’il n’existe aucune liste prédéfinie, certains métiers demeurent largement représentés et sont pris en charge par la convention collective de grande distribution. Parmi ces métiers, on retrouve les employés de rayon, les hôtes de caisse ou encore les opérateurs logistiques en commerce de gros.
→ Pour aller plus loin : employés libre service, hôte.sse de caisse et chef de rayon.
Quelles sont les grilles de salaire de la convention collective IDCC 2216-3305 ?
La grille de salaires de la grande distribution fixe la rémunération minimale des employés, agents de maîtrise et cadres des supermarchés et hypermarchés, selon le niveau de classification défini au titre IV de la convention collective IDCC 2216. Elle est revalorisée chaque année par avenant.
À chaque poste correspond un niveau. Un employé libre service ou une hôte·sse de caisse relèvent généralement des niveaux 1 à 3, un chef de rayon des niveaux 5 à 7.
Deux montants seulement servent de plancher à comparer au salaire réel brut (pour 35 heures effectives) : le salaire mensuel minimum garanti (SMMG) et le salaire annuel minimum garanti (SMAG). Ils intègrent le paiement des temps de pause (7,58 heures), ce qui explique l'écart avec un simple taux horaire multiplié par 151,67 heures.
Grille issue de l'avenant n° 95 du 4 avril 2025, étendu par arrêté du 27 juin 2025 (applicable depuis le 1er août 2025) :
Les cadres au forfait jours
Les cadres des niveaux 7 et 8 peuvent relever d'une convention de forfait annuel en jours (216 jours, journée de solidarité incluse). Leur rémunération minimale est alors exprimée en montant annuel :
Le niveau 9 (cadres dirigeants) est hors grille : sa rémunération est fixée de gré à gré.
SMIC et minimum conventionnel
Gérer la grande distribution avec un logiciel
Amplitude d'ouverture, équipes nombreuses et polyvalentes, pics d'activité, majorations de nuit et du dimanche, suivi du contingent d'heures supplémentaires : la gestion RH en grande distribution est particulièrement dense. Un logiciel de planning et de suivi des temps pensé pour les équipes de terrain permet d'automatiser le calcul des variables de paie et de sécuriser la conformité conventionnelle.
Skello aide les enseignes à planifier leurs équipes, à suivre les temps de travail et à gérer les congés et absences. C'est ce qui permet à des enseignes comme E.Leclerc DRIVE ou Carrefour Proximité d'optimiser leur organisation.
Pour aller plus loin
- Convention collective du commerce de gros (IDCC 573)
- Convention collective du commerce de détail non alimentaire
- Comment E.Leclerc DRIVE optimise sa gestion d'équipe avec Skello
- Carrefour Proximité pilote sa RH multi-points de vente avec Skello
- Logiciel pour le commerce et la grande distribution
cet article est fourni à titre informatif et ne se substitue pas aux textes officiels. Les grilles et seuils évoluent ; vérifiez la convention applicable sur Légifrance avant toute décision.







