L'essentiel à retenir
- La convention collective du commerce de gros (IDCC 573) encadre les entreprises de négoce B2B : alimentaire spécialisé, équipements, textiles, matériel électrique, etc.
- La grille de salaires au 1er mars 2026 s'échelonne de 1 839,81 € (niveau I) à 78 210,61 € annuels (cadres niveau X).
- Plusieurs règles diffèrent selon le secteur (alimentaire / non-alimentaire) : repos hebdomadaire, contingent d'heures supplémentaires et valorisation de l'ancienneté.
- La prévoyance est obligatoire (1,5 % de la tranche A pour les cadres) et la mutuelle s'impose dès le premier salarié.
- Attention à ne pas confondre avec le commerce à prédominance alimentaire (grande distribution), qui relève d'une convention distincte (IDCC 2216).
Avec près d’1 million de salariés en équivalent temps plein, le commerce de gros – appelé aussi grossiste ou négoce - regroupe les entreprises qui achètent aux fabricants et vendent ces produits à des professionnels ou des intermédiaires. Alimentation, biens d’équipements, textiles… autrement dit tout ce qui ira, ensuite, remplir les étals des magasins. Les salariés de ce secteur bénéficient d’une convention collective nationale (CCN) dédiée. Quelles sont les particularités de ces accords ? Quelles différences entre secteur alimentaire et non alimentaire ? Quels avantages pour les salariés et les entreprises ? Vous saurez tout ici même !
Quelle est la convention collective du commerce de gros ?
Afin d’adapter le droit du travail aux réalités terrain des entreprises du commerce de gros, une convention collective a été signée initialement le 23 juin 1970, avec pour identifiant le numéro IDCC 0573.
Notez que la législation la met à jour régulièrement par des avenants négociés entre les employeurs et les représentants du personnel, de sorte à s’adapter aux évolutions du secteur et à sa réalité. Le but étant de garantir aux salariés des conditions de travail plus favorables que dans les bases du droit du travail, et cohérentes avec leur quotidien.
Le commerce de gros étant particulièrement vaste, il émane de cette convention collective des spécificités liées aux différents domaines qui le composent et qui font l’objet d’avenants, par exemple :
- Avenant IV : Accord du 10 octobre 1984 relatif au personnel de livraison et de vente, secteur alimentaire périssable
- Accord du 24 juin 1987 relatif à la retraite complémentaire dans le secteur des produits surgelés, congelés et crèmes glacées
Cependant, si la convention s'applique à toutes les entreprises relevant de son champ d'application (activité de commerce de gros, d'intermédiaire ou de service auxiliaire), certains domaines bénéficient de leur propre convention collective. C’est notamment le cas du commerce de gros de produits pharmaceutiques et de celui des fruits et légumes. Plus largement, les différences se trouvent essentiellement entre le commerce alimentaire et le commerce non-alimentaire.
Pour autant, comme toute convention collective, la CCN du commerce de gros fixe les règles communes en matière de :
- Salaire
- Régime de prévoyance
- Aménagement du temps de travail
- Congés payés
- Gestion des jours fériés
- Travail de nuit
- Formation professionnelle
- Maladie…
Et toute entreprise du commerce de gros doit respecter la convention collective et ainsi les droits de ses salariés.
Alimentaire ou non-alimentaire : les différences
Le commerce de gros étant très vaste, la convention distingue plusieurs régimes selon le secteur. Les principaux points de divergence :
Bon à savoir : certains sous-secteurs (surgelés, fruits et légumes, confiserie…) font l'objet d'avenants propres au sein de l'IDCC 573. En cas de doute, le texte de référence reste consultable sur Légifrance.
La grille de salaires 2026
Les salaires minima de la convention dépendent de la catégorie, du niveau, de l'échelon et du coefficient. Lorsqu'un minimum conventionnel est inférieur au SMIC (1 867,02 € bruts mensuels en 2026), c'est le SMIC qui s'applique.
Employés, techniciens et agents de maîtrise (niveaux I à VI)
Minima mensuels bruts, pour un temps plein (151,67 h/mois), vérifiés chaque mois :
*Minimum conventionnel inférieur au SMIC → le SMIC (1 867,02 €) s'applique.
Cadres (niveaux VII à X)
Minima annuels bruts, appréciés au 31 décembre (au prorata en cas d'arrivée/départ en cours d'année) :
À noter : pour les non-cadres, le minimum se vérifie mensuellement ; pour les cadres, c'est le cumul annuel des salaires bruts qui est comparé au minimum. Un accord d'entreprise plus favorable prime toujours sur la grille de branche.
Quels sont les bénéfices de la convention collective du commerce de gros pour les employeurs ?
L’objectif d’une convention collective est que les entreprises respectent les règles du droit du travail concernant un secteur. Mais elles y trouvent aussi leur compte dans leur organisation quotidienne. Et cela, dans le commerce de gros comme dans les autres secteurs d’activité :
- La convention collective oblige au suivi d’un référentiel commun au secteur, et cela, quels que soient la zone géographique de l’entreprise, sa taille, ses clients.
- Elle facilite la gestion des ressources humaines en formalisant toutes les règles communes au secteur.
- Elle est un argument important pour recruter et attirer des candidats en mettant en avant les avantages des conditions de travail liées au commerce de gros.
- La convention collective du commerce de gros assure aussi aux employeurs du secteur une conformité quant aux normes légales et conventionnelles. Ce qui permet de rester serein et, par définition, de limiter les risques de litiges avec les salariés et de sanctions.
Applications pratiques au quotidien de la CCN du commerce de gros
La convention collective du commerce de gros s'applique à chaque moment dans la vie de l’entreprise. Citons quelques exemples :
Le repos
Un salarié du secteur du commerce de gros bénéficie d'un repos quotidien qui doit normalement être de 11 heures consécutives. Néanmoins, il peut être exceptionnellement réduit à 9 heures en cas de forte activité, mais sans que cela ne dépasse 10 fois par an. Concernant le repos hebdomadaire, la durée varie selon le type de secteur :
- Pour le secteur non alimentaire, il s’établit à 48 heures.
- Pour le secteur alimentaire, 36 heures sont prévues par la convention collective, plus 1 demi-journée supplémentaire par semaine ou 1 jour complet toutes les 2 semaines.
Congés et jours fériés
Les congés payés relèvent du régime légal (2,5 jours ouvrables par mois, soit 5 semaines par an). La convention prévoit des congés exceptionnels pour événements familiaux :
La prime d'ancienneté
La convention ne prévoit pas de prime d'ancienneté à proprement parler, mais deux mécanismes de garantie qui valorisent l'ancienneté, différents selon le secteur. Dans les deux cas, il s'agit d'un plancher de rémunération vérifié sur l'année, et non d'une prime systématiquement ajoutée au salaire.
Le secteur du surgelé prévoit en outre des compensations liées au travail au froid.
Le travail de nuit
- Pour le secteur alimentaire, le travail de nuit (entre 22 h-5 h) est majoré de 20 % sur le salaire de base.
- Pour le secteur non alimentaire, le travail de nuit (entre 21 h et 6 h) est majoré de 25 %.
De la même manière, d'autres secteurs, comme celui des transports, ont des régulations spécifiques concernant la gestion du travail nocturne et des conditions de travail. Découvrez plus sur la convention collective des transports routiers, qui aborde des sujets similaires."
Période d'essai, préavis et rupture
L'embauche est précédée d'une période d'essai dont la durée varie selon la catégorie professionnelle (article 33) :
Cette durée s'entend pour une présence effective : en cas d'absence (maladie, fermeture saisonnière…), l'essai est prolongé d'autant. Des durées plus longues peuvent être prévues, d'un commun accord, pour certains emplois précisés dans les avenants de secteur.
En cas de rupture de l'essai par l'employeur, un délai de prévenance s'applique : 24 h (moins de 8 jours de présence), 48 h (8 jours à 1 mois), 2 semaines (après 1 mois), 1 mois (après 3 mois). En cas de rupture par le salarié : 48 h (ramené à 24 h si la présence est inférieure à 8 jours).
Sauf faute grave ou force majeure, un préavis est dû par la partie qui prend l'initiative de la rupture (article 35) ; son non-respect donne lieu au paiement d'une indemnité compensatrice. Il court à compter du lendemain de la notification :
Pendant le préavis, le salarié licencié peut s'absenter pour rechercher un emploi, à raison de 2 heures par jour dans la limite de 40 heures sur l'ensemble du préavis (sans réduction de salaire), le moment étant fixé alternativement par le salarié et l'employeur. En cas de démission, ce sont les usages locaux ou professionnels qui s'appliquent, sauf disposition d'un avenant.
Tout salarié licencié, sauf faute grave ou lourde, perçoit une indemnité dès 1 an de présence (article 37) :
Le salaire de référence retenu est le plus avantageux entre le douzième des 12 derniers mois et le tiers des 3 derniers mois (les primes annuelles ou exceptionnelles n'étant alors comptées qu'au prorata). Cette indemnité ne se cumule pas avec une autre indemnité de même nature.
Derniers conseils et bonnes pratiques pour le respect de la CCN du commerce de gros
En plus de respecter les dispositions conventionnelles de la CCN, qui sont obligatoires pour les employeurs et les salariés du secteur, les entreprises doivent respecter l’accord d’entreprise.
Mais comment s’articulent les deux ? Rappelons que, depuis les ordonnances Macron, en particulier l’ordonnance n° 2017-1388 du 22 septembre 2017, les dispositions les plus favorables prévalaient entre la convention collective et l’accord d’entreprise. Ce n’est plus le cas : aujourd’hui, l’accord d’entreprise a la primauté sur la convention collective, sauf dans les domaines de la formation professionnelle, certains aspects de la protection sociale et les grilles de salaires.
Gérer la CCN du commerce de gros avec un logiciel
Entre les grilles par niveau et échelon, les majorations distinctes selon le secteur, le suivi du contingent d'heures supplémentaires et les obligations de prévoyance, l'application de la convention au quotidien est exigeante. Un logiciel de planning et de suivi des temps pensé pour les équipes opérationnelles permet d'automatiser le calcul des variables de paie et de sécuriser la conformité.
Skello aide les entreprises du commerce de gros à planifier leurs équipes, à suivre les temps de travail et à gérer les congés et absences dans le respect de la convention collective. C'est ce qui permet à des enseignes comme E.Leclerc DRIVE d'optimiser leur organisation.
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