La convention collective nationale des entreprises du paysage (IDCC 7018, brochure n°3617) encadre l'ensemble des relations de travail dans le secteur de l'aménagement et de l'entretien des espaces verts en France.
Grilles de salaires, classification des emplois, indemnités de déplacement et de panier repas, gestion des intempéries, majorations pour le travail exceptionnel… Ce guide fait le point sur tout ce qu'un employeur doit maîtriser en 2026, après l'entrée en vigueur de l'avenant n°46 au 1er janvier.
Que vous soyez dirigeant d'une entreprise de paysage, responsable d'agence ou gestionnaire de paie, vous trouverez ici les informations à jour pour piloter vos équipes terrain en toute conformité.
Qu'est-ce que la convention collective des entreprises du paysage ?
La CCN paysage a été conclue le 10 octobre 2008. Elle porte le numéro de brochure 3617 et l'identifiant IDCC 7018.
Elle s'applique à toutes les entreprises, en métropole et dans les DOM, dont l'activité principale relève du paysage et qui sont assujetties au régime de protection sociale agricole (MSA).
Champ d'application
La convention couvre les entreprises exerçant dans un ou plusieurs des secteurs suivants :
- Réalisation et entretien de parcs et jardins, paysagisme d'intérieur
- Aménagements paysagers et entretien des espaces engazonnés de terrains de sports
- Engazonnement par projection, application de produits phytopharmaceutiques
- Reboisement, élagage, débroussaillage, abattage d'arbres d'alignement et d'ornement
- Arrosage automatique lié à l'aménagement paysager
- Végétalisation, travaux de génie végétal et de génie écologique
- Petits travaux de jardinage dans le cadre des services à la personne agréés
- Maçonnerie paysagère nécessaire à la réalisation d'ouvrages paysagers
Le code APE le plus courant est le 8130Z (services d'aménagement paysager).
Classification des emplois : ouvriers, TAM et cadres
La convention organise les emplois en trois grandes catégories, chacune avec ses positions et ses niveaux de rémunération.
Ouvriers et employés (O.1 à O.6 / E.1 à E.4)
La filière ouvriers comprend 6 positions (O.1 à O.6), correspondant à des niveaux croissants de qualification et d'autonomie :
- O.1 : ouvrier d'exécution — travaux simples sous consignes précises
- O.2 à O.3 : ouvrier qualifié — maîtrise de techniques courantes
- O.4 à O.5 : ouvrier hautement qualifié — autonomie, techniques spécialisées
- O.6 : ouvrier très hautement qualifié — expertise, prise d'initiative
La filière employés comprend 4 positions (E.1 à E.4) pour les fonctions administratives et de gestion.
Techniciens et agents de maîtrise (TAM.1 à TAM.4)
Les TAM sont les chefs d'équipe, conducteurs de travaux et responsables de chantier. La convention prévoit deux modes de rémunération pour cette catégorie :
- Base 151,67 heures/mois : rémunération horaire classique, comme les ouvriers
- Forfait jours (218 jours/an) : rémunération forfaitaire annuelle, avec une majoration obligatoire de 15 % par rapport à la grille TAM standard
Cadres (C à C5 + position D)
Les cadres sont classés de la position C (cadre débutant) à C5 (cadre expérimenté). Leur rémunération minimale est exprimée en montant annuel brut.
La position D est particulière : le salaire est fixé « d'un commun accord » entre l'employeur et le salarié, sans minimum conventionnel prédéfini.
Grille de salaires 2026 (avenant n°46)
Depuis le 1er janvier 2026, la nouvelle grille issue de l'avenant n°46 du 17 septembre 2025 est en vigueur. Cet avenant a été étendu par arrêté du 11 décembre 2025 et publié au Journal officiel le 26 décembre 2025.
Il prévoit une revalorisation de +1 % sur l'ensemble des échelons par rapport à la grille précédente (avenant n°45, applicable depuis le 1er mai 2025).
Ouvriers et employés
Techniciens et agents de maîtrise (TAM)
💡 Exemple : un conducteur de travaux TAM.3 au forfait jours perçoit au minimum 2 916 € brut/mois, soit 381 € de plus que la grille au temps (2 535 €). Cette majoration de 15 % compense l'absence de décompte horaire strict.
Cadres
SMIC et grille conventionnelle : un écart à surveiller
Le SMIC horaire brut est fixé à 12,02 € depuis le 1er janvier 2026. Les positions O.1 et E.1 de la grille conventionnelle sont à 12,12 €/h, soit un écart de seulement 0,10 €.
Concrètement, pour un ouvrier O.1 à temps plein :
- Taux horaire conventionnel : 12,12 €
- Salaire mensuel brut : 1 838,24 €
- SMIC mensuel brut : 1 823,03 €
- Écart : 15,21 € par mois seulement
Panier repas, déplacements et indemnités
C'est l'un des sujets les plus recherchés sur la convention paysage — et l'un des plus complexes à appliquer. Les règles varient selon la distance entre le siège de l'entreprise et le chantier, et selon le moyen de transport utilisé par le salarié.
L'indemnité de panier repas
Lorsque le salarié est en déplacement et que le temps de trajet constitue du temps de travail effectif, il perçoit une indemnité de panier dont le montant est égal à 2,5 fois le minimum garanti (MG) en vigueur.
Au 1er janvier 2026, le MG est fixé à 4,22 €, soit un panier de 10,55 € environ.
Petits déplacements : le seuil des 50 km
La convention distingue deux situations selon la distance entre le siège (ou dépôt) et le chantier :
Trajet normal (< 50 km du siège, ou < 70 km en zone à faible densité de population) :
- Le temps de trajet n'est pas considéré comme du temps de travail effectif
- Le salarié perçoit une indemnité selon le moyen de transport :
- Par ses propres moyens → indemnité de panier (2,5 MG)
- Par les moyens de l'entreprise → indemnité globale de petit déplacement
Au-delà du trajet normal :
- Le temps de trajet restant est rémunéré comme du temps de travail
- Le salarié perçoit l'indemnité de panier en complément
Grands déplacements (> 100 km)
Lorsque le chantier se situe à plus de 100 km du domicile du salarié (et jusqu'à 150 km), la convention prévoit une indemnisation renforcée couvrant l'hébergement et les repas. Le salarié est alors indemnisé à hauteur de 7 MG minimum pour le rayon 50-70 km.
Un suivi rigoureux des heures de travail et des déplacements est essentiel pour appliquer correctement ces indemnités et éviter les erreurs de paie.
Temps de travail, intempéries et majorations
Le secteur du paysage est soumis à des contraintes spécifiques : saisonnalité forte, dépendance aux conditions météo, travail en extérieur. La convention adapte les règles du Code du travail à ces réalités.
Durée légale et modulation du temps de travail
La durée hebdomadaire est de 35 heures (temps plein), soit 151,67 heures/mois.
La convention permet la modulation annuelle du temps de travail : les heures peuvent être réparties inégalement sur l'année pour s'adapter à la saisonnalité (plus d'heures au printemps/été, moins en hiver). Cette flexibilité est essentielle dans le paysage, où l'activité varie fortement d'un mois à l'autre.
Un outil de planification des équipes permet de visualiser cette modulation et d'anticiper les périodes de sous-effectif ou de surcharge.
Intempéries : un régime spécifique au secteur
Les entreprises du paysage sont soumises au régime des intempéries, comme le BTP. Ce dispositif s'applique aux arrêts de travail collectifs provoqués par les conditions météorologiques (gel, pluie, neige…).
Les règles sont les suivantes :
- Les heures perdues pour intempéries sont rémunérées au moment de l'interruption
- Elles sont ensuite récupérées lorsque les conditions le permettent
- Les heures récupérées ne sont pas considérées comme des heures supplémentaires
- La récupération ne peut pas être répartie uniformément sur toute l'année — elle est liée à la période d'arrêt
Le suivi des heures perdues et récupérées est facilité par une badgeuse qui enregistre les temps de présence sur chaque chantier, même en extérieur.
Majorations pour le travail du dimanche, jours fériés et nuit
Pas de prime d'ancienneté : ce que ça implique
Contrairement à d'autres conventions collectives (comme celle de la propreté ou de l'HCR), la convention paysage ne prévoit pas de prime d'ancienneté conventionnelle.
En pratique, cela signifie que :
- Aucun pourcentage de majoration n'est automatiquement dû en fonction des années d'ancienneté
- L'employeur n'a pas d'obligation conventionnelle de revaloriser le salaire au fil du temps (au-delà des revalorisations annuelles de la grille)
- Le salarié peut néanmoins se prévaloir des dispositions générales du Code du travail ou d'éventuels accords d'entreprise
En revanche, la convention prévoit une prime de travaux insalubres d'au moins 10 % du taux horaire de base pour les ouvriers et employés exposés à des conditions de travail pénibles ou dangereuses.
FAQ — Convention collective paysage IDCC 7018
Quelle est la convention collective des paysagistes ?
Il s'agit de la convention collective nationale des entreprises du paysage, identifiée par l'IDCC 7018 et le numéro de brochure 3617. Conclue le 10 octobre 2008, elle s'applique à toutes les entreprises d'aménagement, de création et d'entretien d'espaces verts, rattachées au régime agricole (MSA), dont le code APE principal est le 8130Z.
Quel est le salaire minimum d'un paysagiste en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, le taux horaire minimum pour un ouvrier paysagiste position O.1 est de 12,12 € brut, soit 1 838,24 € brut par mois sur la base de 151,67 heures. Ces montants sont issus de l'avenant n°46 du 17 septembre 2025.
Comment fonctionne le panier repas dans le paysage ?
L'indemnité de panier est égale à 2,5 fois le minimum garanti (MG). Au 1er janvier 2026, le MG est de 4,22 €, soit un panier d'environ 10,55 €. Elle est due lorsque le salarié est en déplacement et que le temps de trajet constitue du temps de travail effectif.
Quelles sont les règles en cas d'intempéries ?
Les heures perdues pour intempéries sont rémunérées au moment de l'interruption. Elles sont ensuite récupérées sans être comptabilisées comme des heures supplémentaires. Ce régime, commun au BTP et au paysage, évite que l'employeur ne paie deux fois les mêmes heures.
Existe-t-il une prime d'ancienneté dans la convention paysage ?
Non. La convention IDCC 7018 ne prévoit pas de prime d'ancienneté spécifique. Ce sont les dispositions générales du Code du travail qui s'appliquent. L'employeur peut toutefois instaurer une prime d'ancienneté par accord d'entreprise ou décision unilatérale.




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