L'absentéisme hivernal correspond à la hausse des absences imprévues entre novembre et mars : maladies saisonnières, enfants malades, intempéries. Cette fiche rappelle les règles à connaître et donne une méthode pour adapter le planning sans épuiser l'équipe présente.
Pourquoi les absences augmentent-elles en hiver ?
Les absences imprévues sont plus nombreuses en hiver pour plusieurs raisons qui se cumulent :
- Les maladies saisonnières (grippe, gastro-entérite, virus respiratoires) touchent plusieurs salariés d'une même équipe en peu de temps.
- Les enfants malades obligent des parents à s'absenter, souvent le matin même.
- Les intempéries (neige, verglas) empêchent certains salariés de se déplacer et arrêtent des activités en extérieur, comme les chantiers.
- La fatigue de fin d'année, après un pic d'activité en décembre dans le commerce, la restauration ou l'hôtellerie.
Lors de l'hiver 2025-2026, l'épidémie de grippe a duré 10 semaines, de début décembre à mi-février, et a entraîné environ 1,2 million de consultations en médecine de ville, dont 60 % chez les 15-64 ans, selon Santé publique France.
On ne peut pas prévoir qui tombera malade ni quand. L'objectif n'est donc pas de prédire les absences, mais de prévoir assez de solutions pour les absorber sans désorganiser l'activité. Pour savoir si votre établissement est concerné, comparez votre taux d'absentéisme des mois d'hiver à celui du reste de l'année.
Arrêt maladie en hiver : les règles à connaître
Un arrêt maladie suspend le contrat de travail. Les règles d'indemnisation sont les mêmes toute l'année :
| Sujet | Règle | Source |
|---|---|---|
| Justification de l'absence | Le salarié doit justifier son incapacité dans les 48 heures pour avoir droit au complément employeur | Article L1226-1 du Code du travail |
| Indemnités de la Sécurité sociale | Versées à partir du 4e jour d'arrêt (délai de carence de 3 jours) | Article R323-1 du Code de la sécurité sociale |
| Complément de salaire de l'employeur | Dû après 1 an d'ancienneté, à partir du 8e jour d'arrêt, sauf convention plus favorable | L1226-1, D1226-3 |
| Contre-visite médicale | Possible quand l'employeur verse le complément de salaire | R1226-10 à R1226-12 |
Le détail des démarches est dans notre fiche sur les démarches de l'employeur en cas d'arrêt maladie.
Enfant malade : quels droits pour le salarié parent ?
Un salarié peut s'absenter pour s'occuper de son enfant malade ou accidenté de moins de 16 ans, sur présentation d'un certificat médical (article L1225-61 du Code du travail).
- Durée : 3 jours par an, portés à 5 jours si l'enfant a moins d'un an ou si le salarié a la charge d'au moins trois enfants de moins de 16 ans.
- Rémunération : la loi ne prévoit pas de maintien du salaire. La convention collective ou un accord peut en prévoir un.
- Prévenance : l'absence est souvent annoncée le jour même. L'employeur ne peut pas la refuser si les conditions sont remplies.
Neige, verglas : que faire quand un salarié ne peut pas venir ?
La loi ne fixe pas de règle générale pour le salarié empêché de venir par les intempéries. Quand il lui est impossible de se rendre au travail (routes impraticables, transports à l'arrêt), c'est un cas de force majeure : son absence n'est pas une faute et ne peut pas être sanctionnée. Elle n'est en principe pas payée, sauf accord, convention collective ou décision de l'employeur. Le salarié doit prévenir au plus vite ; il peut aussi poser un jour de congé ou récupérer ses heures avec l'accord de l'employeur (fiche Service-Public).
- Télétravail : il peut être mis en place en cas de circonstances exceptionnelles (article L1222-11 du Code du travail), mais il concerne peu les équipes terrain.
- Bâtiment et travaux publics : un régime d'indemnisation propre s'applique quand le chantier est arrêté pour intempéries (articles L5424-6 et suivants du Code du travail). Le salarié touche 75 % de son salaire horaire à partir de la 2e heure d'arrêt, dans la limite de 9 heures par jour et de 55 jours par an, s'il a travaillé au moins 200 heures dans le BTP au cours des 2 mois précédents. Ce régime ne couvre pas le salarié qui ne peut pas se rendre sur le chantier. Le détail est dans notre fiche sur les congés intempéries du BTP.
Absence de dernière minute : comment réagir le jour même ?
Quand un salarié prévient le matin même, la rapidité dépend de ce qui a été décidé avant. Une procédure connue de tous évite les appels dans tous les sens :
- Fixez la règle de prévenance : qui prévenir, avant quelle heure et par quel moyen (appel, message, application).
- Évaluez le besoin : le créneau doit-il être couvert entièrement, en partie, ou l'activité peut-elle être réorganisée ?
- Choisissez le remplaçant parmi les salariés qualifiés et disponibles, en vérifiant les repos et les compteurs d'heures.
- Confirmez par écrit le nouvel horaire au remplaçant.
- Enregistrez l'absence et le remplacement pour la paie et le suivi des indicateurs.
Prévoir les remplacements et sécuriser le planning de l'hiver
Quand une absence tombe, le manager peut redistribuer le travail dans l'équipe, mais dans des limites précises :
- Modifier le planning d'un collègue : possible en respectant le délai de prévenance. Pour un salarié à temps partiel, il est de 7 jours ouvrés, sauf accord (article L3123-31). Pour un salarié à temps plein, il dépend de la convention, de l'accord ou du contrat.
- Faire des heures en plus : heures supplémentaires au-delà de 35 heures pour un salarié à temps plein ; heures complémentaires limitées à un dixième de la durée du contrat (un tiers par accord) pour un salarié à temps partiel.
- Respecter les repos : 11 heures entre deux journées et 10 heures de travail par jour au maximum, même pour couvrir une absence.
- Recruter un remplaçant : un contrat à durée déterminée de remplacement est possible pour une absence longue (article L1242-2), tout comme l'intérim.
La façon de choisir le remplaçant au cas par cas est détaillée dans notre article sur la gestion des remplacements.
Quels indicateurs suivre pour piloter l'absentéisme hivernal ?
Quelques indicateurs simples, comparés aux mêmes mois de l'année précédente, suffisent pour décider où renforcer le planning :
- Taux d'absentéisme : heures d'absence non prévues divisées par les heures de travail prévues, multiplié par 100. La méthode est détaillée dans notre fiche sur le taux d'absentéisme.
- Nombre et durée des absences : beaucoup d'absences courtes désorganisent plus le planning que quelques absences longues, plus faciles à remplacer.
- Créneaux non couverts : nombre de créneaux restés sans remplaçant, par équipe ou par établissement.
- Heures faites pour remplacer : heures supplémentaires et complémentaires liées aux remplacements, et salariés qui les concentrent.
Ces indicateurs servent à ajuster l'organisation, pas à juger un salarié : une absence pour maladie justifiée ne peut pas être reprochée.
Au-delà des règles : préparer l'hiver et suivre les absences
Nos conseils
- Avant l'hiver, listez pour chaque poste au moins deux salariés capables de le tenir. Dans une pharmacie, un hôtel ou une salle de sport, une courte formation croisée suffit souvent.
- Prévoyez une marge sur les jours où l'activité ne permet aucun manque, plutôt que de planifier au plus juste.
- Identifiez les volontaires pour des heures en plus et leur disponibilité, en tenant compte de leurs compteurs d'heures.
- Faites tourner les remplacements pour ne pas reposer toujours sur les mêmes personnes.
- Suivez les absences chaque semaine pour repérer un pic dans une équipe ou un établissement.
- Relayez les actions de prévention du service de prévention et de santé au travail, comme les campagnes de vaccination (article L4622-2 du Code du travail). La vaccination contre la grippe reste un choix du salarié.
Un logiciel qui relie les absences au planning évite de chercher l'information dans plusieurs outils. Avec Skello, les absences sont enregistrées directement dans le planning : le manager voit le créneau à couvrir et Skello lui suggère les salariés disponibles et qualifiés pour le remplacement ; c'est lui qui choisit.
FAQ
Qu'est-ce que l'absentéisme hivernal ?
C'est la hausse des absences imprévues pendant l'hiver, entre novembre et mars. Elle vient surtout des maladies saisonnières, des absences pour enfant malade et des intempéries. Elle se mesure en comparant le taux d'absentéisme des mois d'hiver à celui du reste de l'année.
Dans quel délai un salarié doit-il envoyer son arrêt maladie ?
Le salarié doit justifier son absence dans les 48 heures pour avoir droit au complément de salaire de l'employeur. Le même délai s'applique à l'envoi de l'arrêt à l'Assurance maladie. Une convention collective peut prévoir des règles d'information plus précises.
L'absence pour enfant malade est-elle payée ?
Pas selon la loi. Le congé pour enfant malade est de 3 jours par an, 5 dans certains cas, et n'est pas rémunéré, sauf si la convention collective ou un accord d'entreprise prévoit un maintien du salaire. Vérifiez votre convention.
Un salarié bloqué par la neige doit-il être payé ?
La loi ne l'impose pas. L'absence n'est en principe pas rémunérée, sauf accord, convention ou décision de l'employeur. Le salarié peut poser un congé ou récupérer ses heures avec l'accord de l'employeur. Dans le bâtiment, un régime d'indemnisation des intempéries existe.
Comment réduire l'absentéisme en hiver ?
On ne peut pas empêcher les maladies, mais on peut limiter leur effet : former plusieurs salariés par poste, prévoir une marge les jours de forte activité, publier le planning tôt et suivre les absences chaque semaine pour réagir vite.







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