
En 2025, le secteur du bâtiment comptait 450 000 entreprises en France, rassemblant 1 234 000 salariés et 407 000 non-salariés selon la Fédération Française du Bâtiment, ce qui en fait l'un des premiers employeurs privés du pays. Les salariés se répartissent en 70,3 % d'ouvriers, 21,5 % d'ETAM et 8,2 % d'ingénieurs, assimilés et cadres (IAC). Et pourtant, 65% des recrutements sont jugés difficiles par France Travail ; ce qui rend d'autant plus stratégique pour les employeurs une maîtrise précise de leurs obligations conventionnelles.
La convention collective du bâtiment est un document incontournable pour tout employeur du secteur. Elle complète le Code du travail en tenant compte des réalités du BTP : travail sur chantier, déplacements, horaires décalés, classifications multiples. Ce guide vous en présente les principales dispositions : quelle convention pour quel salarié, et un accès direct à chaque thème approfondi (salaires par statut, congés, indemnités, intempéries). Pour gérer ces obligations au quotidien, un logiciel de planning adapté au chantier fait gagner un temps précieux.
À noter : Le secteur du bâtiment n'est pas régi par une seule convention collective mais par plusieurs textes distincts selon le statut du salarié. Les deux conventions ouvriers (IDCC 1596 et 1597) datent du 8 octobre 1990 et ont été substantiellement révisées par l'avenant de 2018, notamment sur les indemnités de trajet et la majoration des heures supplémentaires. En cas de conflit entre le Code du travail et une disposition de la convention, c'est toujours le texte le plus favorable au salarié qui s'applique.
La convention collective du bâtiment est un accord négocié entre les organisations patronales (FFB, CAPEB) et les syndicats de salariés. Elle complète les dispositions du Code du travail en tenant compte des spécificités du secteur BTP et précise notamment : les classifications et coefficients applicables selon les postes, les salaires minimaux garantis, les conditions de travail (horaires, déplacements, sécurité), les modalités de rupture du contrat, et les droits aux congés et à la formation.
Elle s'applique à toutes les entreprises dont le code APE/NAF relève du BTP, qu'elles soient ou non adhérentes à un syndicat patronal. Elle couvre tous les salariés liés par un contrat de travail (CDI, CDD, contrat de chantier), sur l'ensemble du territoire français hors DOM-TOM (sauf extension expresse).
Le bâtiment est couvert par quatre conventions distinctes selon le statut.
| Catégorie de salarié | Convention collective applicable | Code IDCC |
|---|---|---|
| Ouvriers — entreprises de moins de 10 salariés | CCN ouvriers bâtiment (petites entreprises) | IDCC 1596 |
| Ouvriers — entreprises de 10 salariés et plus | CCN ouvriers bâtiment (grandes entreprises) | IDCC 1597 |
| ETAM (employés, techniciens, agents de maîtrise) | CCN ETAM bâtiment — 12 juillet 2006 | IDCC 2609 |
| Cadres | CCN cadres bâtiment — 1er juin 2004 | IDCC 2420 |
Les ouvriers du bâtiment relèvent de deux conventions collectives distinctes selon l'effectif de l'entreprise :
Les deux textes sont issus de la CCN du 8 octobre 1990 et partagent la même classification : 4 niveaux et 7 positions, du niveau I (ouvrier d'exécution, coefficients 150 et 170) au niveau IV (maître-ouvrier et chef d'équipe, coefficients 250 et 270). Seul l'effectif de l'entreprise détermine le texte applicable.
Pour le détail des classifications, des grilles de salaires et des spécificités de chaque texte, consultez notre fiche complète sur la convention collective des ouvriers du bâtiment.

Les ETAM (Employés, Techniciens, Agents de Maîtrise) du bâtiment sont classés sur une grille de 8 niveaux (A à H), du débutant à l'agent de maîtrise confirmé. Leurs salaires minimaux sont fixés régionalement, selon le niveau de classification et la région d'exercice.
Côté temps de travail, la durée de référence est de 35 heures (avec aménagements possibles). Les heures supplémentaires sont majorées de +25 % (de la 36ᵉ à la 43ᵉ heure) puis +50 % au-delà ; le travail de nuit, le dimanche ou un jour férié donne lieu à une majoration spécifique.
| Plage horaire / Situation | Majoration applicable |
|---|---|
| De la 36e à la 43e heure (8 premières heures supplémentaires) | + 25 % |
| À partir de la 44e heure | + 50 % |
| Travail de nuit (20h–6h), dimanche ou jours fériés | + 100 % |
Loi : Depuis l'avenant de 2018, le contingent annuel d'heures supplémentaires dans le BTP est fixé à 300 heures par an (contre 180 heures avant le 1er juillet 2018). La durée maximale de travail journalière est de 10 heures pour tous les salariés. La convention ETAM précise que les heures supplémentaires doivent rester exceptionnelles et intervenir seulement après accord de l'inspection du travail.
La période d'essai est de 2 mois pour les employés et 3 mois pour les agents de maîtrise, renouvelable une fois. La convention encadre enfin les horaires décalés ou individualisés sous certaines conditions.
Pour le détail des grilles régionales, des classifications et des majorations, consultez notre fiche complète sur la convention collective des ETAM du bâtiment.
Les cadres du bâtiment relèvent d'une convention négociée au niveau national. Leur durée du travail tient compte de leur autonomie : beaucoup sont en forfait annuel en jours, et les heures effectuées au-delà de la durée applicable ouvrent droit aux mêmes majorations que pour les autres statuts.
Les salaires minimaux sont revalorisés chaque année par les partenaires sociaux et fixés selon la classification des cadres (par position et coefficient hiérarchique). La période d'essai est de 3 mois ; le préavis est de 2 à 3 mois selon l'ancienneté en cas de licenciement, et de 3 mois en cas de démission.
Pour la grille de salaires détaillée, les coefficients et les spécificités du forfait jours, consultez notre fiche complète sur la convention collective des cadres du bâtiment.
| Statut | Durée maximale de période d'essai |
|---|---|
| Ouvriers et employés | 2 mois |
| Techniciens et agents de maîtrise (ETAM) | 3 mois |
| Cadres | 3 mois |
Une journée d'essai rémunérée peut être prévue avant le démarrage du contrat. En cas de rupture pendant la période d'essai, un délai de prévenance de 24h à 48h doit être respecté selon l'ancienneté.
| Situation | Ancienneté | Durée du préavis |
|---|---|---|
| Démission (ouvriers) | Moins de 3 mois | 2 jours |
| Démission (ouvriers) | 3 mois et plus | 2 semaines |
| Licenciement (ouvriers) | Moins de 3 mois | 2 jours |
| Licenciement (ouvriers) | 3 à 6 mois | 2 semaines |
| Licenciement (ouvriers) | 6 mois à 2 ans | 1 mois |
| Licenciement (ouvriers) | 2 ans et plus | 2 mois |
| Démission (ETAM) | Moins de 2 ans | 1 mois |
| Démission (ETAM) | 2 ans et plus | 2 mois |
| Licenciement (ETAM) | Moins de 2 ans | 1 mois |
| Licenciement (ETAM) | 2 ans et plus | 2 mois |
| Licenciement (ETAM) | 15 ans et plus, salarié de plus de 55 ans | 3 mois |
| Cadres (licenciement ou démission) | Tous niveaux | 2 à 3 mois selon ancienneté |
L'indemnité de licenciement est due à tout salarié ayant plus d'un an d'ancienneté (sauf faute grave) :
Pour en savoir plus sur le calcul de l'indemnité de rupture conventionnelle, consultez le guide dédié.
Dans le BTP, les congés payés suivent le régime de 2,5 jours ouvrables par mois travaillé (30 jours/an), sur une période de référence du 1er avril au 31 mars. Particularité majeure : ce n'est pas l'employeur mais la caisse des congés payés du BTP (CIBTP) qui calcule et verse les indemnités.
La convention prévoit aussi des congés spéciaux pour événements familiaux (mariage, PACS, naissance, décès…), non déductibles des congés payés, et reprend le congé parental du Code du travail, avec une spécificité : les 3 jours accordés à la naissance s'ajoutent au congé de paternité légal.
Enfin, en cas d'arrêt maladie, un délai de carence de 3 jours s'applique, l'indemnisation dépendant de l'âge et de l'ancienneté du salarié.
Pour rappel : Pour les salariés de moins de 25 ans et les apprentis, 1 mois d'ancienneté est nécessaire pour l'ouverture des droits à indemnisation en cas d'arrêt maladie. Pour les plus de 25 ans, ce seuil est porté à 3 mois.
Pour le détail du fonctionnement de la caisse CIBTP, des congés spéciaux et de l'indemnisation maladie, consultez notre fiche complète sur les congés payés dans le BTP.
Les ouvriers du BTP travaillant sur des chantiers éloignés de leur domicile bénéficient des « indemnités de petits déplacements », dont les barèmes sont fixés au niveau régional et révisés régulièrement. Elles regroupent trois indemnités distinctes :
À noter : Depuis le 1er janvier 2023, l'employeur peut déduire l'indemnité de repas dans la limite de 10,10 € en 2024. Le montant excédant ce plafond reste à la charge de l'entreprise sans exonération de cotisations sociales.
Pour le détail des barèmes, des zones et du calcul, consultez notre fiche complète sur les indemnités de déplacement et la prime de panier BTP.
La convention collective nationale des ouvriers (entreprises de plus de 10 salariés) prévoit des horaires individualisés qui peuvent être aménagés d'un commun accord, notamment pour le personnel sédentaire, avec possibilité de reporter des heures d'une semaine à l'autre. Pour les travaux urgents ou continus, les ouvriers peuvent travailler le samedi ou le lundi, à condition de bénéficier d'un repos compensateur équivalent dans un délai de 5 semaines.
La gestion des plannings de chantier intégrant ces contraintes spécifiques est un vrai levier d'optimisation pour les entreprises du BTP.
La convention des ETAM fixe la durée légale à 35 heures hebdomadaires. Les heures supplémentaires doivent rester exceptionnelles. Les heures travaillées de nuit (entre 20h et 6h), le dimanche ou les jours fériés sont majorées de 100 %.
Dans tous les cas, la durée maximale journalière est de 10 heures. Les heures entre 20h et 6h sont considérées comme travail de nuit et majorées en conséquence.
Le chômage-intempéries est une particularité du bâtiment : lorsqu'une météo extrême empêche le travail sur chantier, le dispositif permet de suspendre l'activité tout en maintenant une indemnisation des salariés.
Pour en bénéficier, le salarié doit justifier d'au moins 200 heures de travail sur les 2 mois précédents et être présent au moment de l'arrêt. L'indemnité couvre jusqu'à 75 % du salaire horaire, dans une limite annuelle. Le mécanisme repose sur une avance de l'employeur, ensuite remboursé par la Caisse de congés intempéries du BTP (CIBTP) ; d'où l'importance d'un suivi rigoureux des heures, toute erreur de gestion pouvant entraîner un refus de remboursement.
Pour le détail des conditions, du calcul de l'indemnité et de la procédure de remboursement, consultez notre fiche complète sur les congés intempéries dans le BTP.
La convention collective du bâtiment propose des emplois-repères pour chaque catégorie de personnel (ouvrier, ETAM, cadre). Il s'agit de descriptions-type de postes permettant d'attribuer le bon niveau de classification et le coefficient correspondant.
| Catégorie | Exemple de poste | Coefficient associé | Conséquence d'un mauvais classement |
|---|---|---|---|
| Ouvrier | Chef d'équipe position 2 | 270 | Salaire sous le minimum légal |
| Ouvrier | Ouvrier professionnel niveau II | 185 | Risque de litige à la rupture du contrat |
| ETAM | Technicien niveau D | Grille régionale | Redressement lors d'un contrôle Urssaf |
| Cadre | Cadre confirmé niveau II | Grille nationale | Contentieux prud'homal |
Un mauvais classement peut exposer l'entreprise à un salaire en dessous des minimas légaux, un risque de litige en cas de rupture du contrat ou un redressement lors d'un contrôle. Il est donc essentiel de s'appuyer sur les emplois-repères pour positionner correctement chaque salarié dans la grille.
Dans un effort de simplification, une négociation en 2018 a permis de supprimer 45 conventions collectives locales désuètes qui complétaient les CCN nationales des ouvriers du bâtiment. Le contenu des CCN nationales a également été actualisé pour répondre aux nouvelles préoccupations des entreprises : heures supplémentaires, indemnités de déplacement, etc. Des négociations restent en cours pour réviser les classifications, valoriser l'expérience terrain et mieux encadrer le CDI de chantier.
Pour un autre grand secteur industriel encadré par une convention collective nationale, vous pouvez consulter le guide dédié à la convention collective de la métallurgie.
Entre les quatre conventions, les grilles régionales, les indemnités de déplacement par zones et le suivi des heures sur des chantiers mobiles, la paie du BTP cumule les paramètres. Un logiciel de planning et de suivi des temps pensé pour les équipes terrain permet d'automatiser le calcul des variables (heures supplémentaires, paniers, intempéries) et de sécuriser la conformité.
Skello aide les entreprises du bâtiment à planifier leurs équipes chantier et à suivre les temps de travail dans le respect du Code du travail et de la convention collective.
Planification, calcul des heures supplémentaires, primes de nuit et préparation de la paie. Gagnez du temps et restez conforme en toutes circonstances.