Selon une étude de la DARES, plus de 500 000 démissions sont enregistrées chaque trimestre en France — un chiffre qui a explosé depuis 2021. Derrière chaque départ se pose inévitablement la même question pour le manager : que se passe-t-il avec les congés restants ? Le salarié peut-il les poser ? Le préavis est-il décalé ? Qui décide ?
La période de préavis est la période qui est encore travaillée avant le départ officiel d'une personne ayant posé sa démission. Cette période a pour but de maintenir une activité professionnelle le temps de trouver un remplaçant ou de faire la passation entre les deux salariés.
Le préavis se calcule en jours calendaires. Lorsqu'il est exprimé de manière mensuelle, il se finit la veille de la date indiquée sur la lettre de démission ou de licenciement.
Puis-je faire mon préavis pendant mes congés ?
Non — sauf cas particulier. En règle générale, la prise de congés payés pendant le préavis n'est pas autorisée de manière unilatérale, car le préavis est censé être une période travaillée. Tout dépend en réalité du moment où les congés ont été posés — avant ou après la notification de la rupture du contrat.
💡 Congés, RTT et préavis : les règles selon les cas
Selon que les congés aient été prévus avant ou après la notification de rupture de contrat, les conséquences sur la durée du préavis seront différentes.
Cas n°1 : les congés ont été posés et acceptés avant la notification de rupture
Si les congés ont déjà été validés par l'employeur avant la démission, le salarié pourra les prendre comme prévu. Dans ce cas, le préavis sera suspendu durant les congés et prolongé d'une durée équivalente au nombre de jours de congés pris, sauf si l'employeur dispense le salarié de la durée de préavis restant à courir.
📌 Exemple : Marc démissionne le 20 mai. Il avait posé 5 jours de congés fin mai avant sa démission, et ces congés avaient été acceptés. Son préavis d'1 mois aurait dû se terminer le 20 juin. Il sera finalement prolongé de 5 jours et prendra fin le 25 juin.
Cas n°2 : les congés sont demandés après la notification de rupture
Si le salarié n'avait pas posé de congés avant de démissionner et souhaite en poser après, il lui faut l'accord de l'employeur. Ce dernier est en droit de refuser. Si l'employeur accepte, le préavis n'est pas suspendu pendant les congés — il continue de courir normalement. Le contrat prend fin à la date initialement prévue.
Cas n°3 : la démission est posée pendant les congés
Le salarié a tout à fait la possibilité de donner sa démission pendant ses congés payés. Dans ce cas, le préavis débute à la fin de la période de congés. Le contrat de travail est rompu à l'expiration de la période de préavis.
Cas n°4 : l'entreprise ferme pour congés annuels pendant le préavis
Dans ce cas précis, le salarié en préavis peut être obligé de prendre ses congés pendant la fermeture. Le préavis n'est pas suspendu et n'est donc pas prolongé. En revanche, le salarié devra percevoir deux indemnités :
- une indemnité compensatrice pour la période de préavis qui n'est pas effectuée du fait de la fermeture ;
- une indemnité de congés payés correspondant à la durée de fermeture de l'entreprise pour cause de congés annuels.
🤝 En tant qu'employeur, pouvez-vous imposer la prise de congés pendant le préavis ?
Que le préavis soit un préavis de licenciement ou de démission, l'employeur ne peut pas imposer unilatéralement la prise de congés payés. Il peut en faire la demande au salarié, mais le salarié n'a aucune obligation d'accepter. Son accord est indispensable — ce doit toujours être le résultat d'un commun accord.
Cela pourrait pourtant sembler tentant pour l'employeur : faire poser les jours restants permettrait de réduire le montant de l'indemnité compensatrice de congés payés à régler en fin de contrat. Mais la loi l'interdit clairement.
Puis-je utiliser mes congés pour réduire mon préavis ?
Oui, mais uniquement avec l'accord de l'employeur. Les congés peuvent réduire la durée effective du préavis à condition que l'employeur les valide. Dans ce cas, les préavis ne sont pas suspendus bien que les salariés prennent les congés qui leur sont dus : le contrat se termine à la date initialement prévue, sans prolongation.
En tant qu'employeur, vous devez donc valider au préalable les jours de congés demandés après la notification de rupture pour que votre salarié les prenne aux dates prévues — et que le préavis ne soit pas allongé.
Comment calculer un préavis avec des congés ?
Le calcul dépend directement du cas de figure dans lequel vous vous trouvez. Voici la méthode à appliquer selon chaque situation.
👍 Qu'en est-il des RTT pendant le préavis ?
Les RTT se distinguent des congés payés au niveau des règles : ce sont des journées de compensation des heures supplémentaires fixées par accord. En ce sens, la prise d'un RTT pendant le préavis n'est pas censée en repousser le terme — mais ce point n'est pas explicitement précisé dans les textes. En cas de doute, il est recommandé de convenir d'un accord écrit entre l'employeur et le salarié.
Pour mieux gérer les RTT et leur articulation avec les congés, il est recommandé de disposer d'un outil centralisé qui distingue automatiquement les différents types d'absences.
✔️ Quoi d'autre peut prolonger un préavis ?
Si un salarié tombe malade pendant son préavis, la durée du préavis sera prolongée, peu importe que le salarié perçoive un salaire garanti de son employeur ou une indemnité de sa mutuelle. L'arrêt maladie pendant le préavis de démission suspend donc la période de préavis, qui reprendra à la fin de l'arrêt.
📋 Impact sur le planning de l'équipe : comment s'organiser en tant que manager ?
C'est l'angle que les sites juridiques n'abordent jamais — et pourtant c'est là que se situe le vrai casse-tête opérationnel. Un préavis suspendu par des congés, c'est une date de départ qui se décale, une passation qui se réorganise, un planning d'équipe à revoir à la dernière minute.
Voici les bonnes pratiques à adopter dès que vous recevez une démission :
- Vérifiez immédiatement le solde de congés restant du salarié via votre outil de gestion des congés — c'est la première donnée dont vous avez besoin pour calculer la vraie date de fin de contrat.
- Identifiez si des congés ont été posés avant la notification : si oui, le préavis sera prolongé d'autant. Mettez à jour votre planning du personnel en conséquence.
- Anticipez le trou dans l'équipe : si le préavis dure 1 mois mais que des congés le prolongent de 2 semaines, vous avez 2 semaines supplémentaires pour anticiper le départ et organiser la passation.
- Préparez le solde de tout compte : à la fin du contrat, vous devrez verser l'indemnité compensatrice de congés payés pour les jours non pris. Ce calcul doit intégrer toutes les périodes d'acquisition.
💡 Comment Skello simplifie la gestion des départs et des congés en fin de contrat ?
La gestion des congés de vos employés en fin de contrat est chronophage sur Excel : calculer le solde exact, appliquer la bonne méthode de calcul des indemnités, vérifier que les congés posés avant la démission ont bien été pris en compte dans la date de fin de préavis… autant d'étapes sources d'erreurs.
Skello centralise toutes ces informations en temps réel. Le compteur de congés payés est mis à jour automatiquement à chaque absence, chaque congé validé, chaque arrêt maladie. Au moment du départ du salarié, vous disposez d'un solde exact, exportable en un clic vers votre logiciel de paie pour calculer les éléments variables du solde de tout compte — dont l'indemnité compensatrice de congés payés.
Résultat : vous évitez les erreurs de calcul sur les indemnités, vous anticipez mieux les départs grâce à une vision claire des soldes restants, et votre planning du personnel intègre automatiquement la vraie date de fin de contrat.








